Grammaire descriptive de l'anglais: groupe nominal/ groupe verbal (sauf les modaux)


Le fonctionnement des noms

Pour décrire la détermination d'un nom en contexte, il est nécessaire de se poser deux questions :
1 ) à quelle catégorie appartient ce nom ?
2 ) quelle est la spécificité du déterminant utilisé?
et d'y répondre de la façon la plus rigoureuse possible. Ces deux étapes ne devront jamais être
négligées ni bâclées.
Dans ce premier chapitre sur la détermination nominale, nous allons d'abord observer le
fonctionnement des noms en anglais, première étape à l'analyse de la détermination d'un nom dans un
énoncé. Soit le début de texte suivant (TIME magazine, sepcial issue 2000-2001) :
Hard times for the Sami
The first hint of the approching reindeer is the buzz-saw roar of motorcycles. Suddenly, a 500-
m-wide corral is filled with the rythmic lowing of a vast reindeer herd running at full gallop.
The Lapland equivalent of cow-boys comme thundering in, bringing up the rear on
motorcycles and all-terrain vehicles.
It is the reindeer roundup of the Sami, the indigenous people of the Arctic circle, who
for hundreds of years have herded their reindeer down from the mountains of Norway where
they have their summer pasture. Now it's time to divide the herd into smaller groups so that
the families can keep track of their stock during the arduous winter that is about to begin."
You should never ask a Sami how many reindeer he has," cautions Börje Allas, one of four
brothers who still follow the ancient traditions of reindeer herding. "It's like asking an English
man how much money he earns."
The reindeer are remarkably tame despite their huge numbers. Sami children walk
among the huge pulsating herd, which divides politely to avoid stepping on humans. One point
of the roundup is to identify new calves that were born during the summer season. Male
reindeer, who are judged to be too tough to eat, are castrated and have their statuesque
antlers removed to lessen the chance of fighting. All of this is going on while the surging herd
of perhaps 2,000 reindeer are running around in circles, their eyes wide with panic.


Dans ce texte il y a les trois catégories de noms : des noms qui fonctionnent en discret (ou discontinu,
comptable), d'autres qui fonctionnent en dense (continu, mais dont on peut prélever une partie, que
l'on peut donc quantifier), et enfin des noms qui fonctionnent en compact (continu dont on ne peut
rien prélever, que l'on ne peut pas quantifier, qui peuvent être des concepts).

1 – Fonctionnement en discret (ou discontinu, ou comptable)

Les premiers noms du texte dont le fonctionnement est discret sont motorcycles et cowboys. Ces noms
font référence à des éléments séparables en unités (en occurrences) et que l'on peut dénombrer,
autrement dit, ce sont des noms auxquels on peut appliquer des adjectifs cardinaux (one, two,
three…). Ils fonctionnent aussi bien au singulier qu'au pluriel : a motorcycle, a cowboy.

2 – Fonctionnement des noms en dense (ou continu quantifiable)

Nous en avons ici un exemple à la dernière ligne du deuxième paragraphe : money. Dans ce texte,
money fait référence à un élément continu mais dont on peut prélever une partie et dont on peut
évaluer la quantité. Ce sont des noms qui fonctionnent comme milk ou sugar. Pour désigner une
occurrence ou un élément unique il faudra un dénombreur : a piece of, a lump of, an article of etc…

3 – Fonctionnement des noms en compact (ou continu non quantifiable)

Le dernier mot du texte, panic, appartient à la catégorie des noms compacts : il fait référence à un
élément non quantifiable et dont on ne peut appréhender des occurrences particulières. Ce sont
généralement des nominalisations de verbe ou d'adjectif : courage, wisdom, patience etc…
Mais attention : un nom n'appartient pas définitivement à l'une des trois catégories. Nous pouvons
prendre l'exemple de times dans le texte : ici au pluriel (il porte la marque s), il fonctionne en discret
et réfère à un élément proche de les temps en français, comparable au terme époque. Il est d’ailleurs
possible de dire at a time when…. Mais ce nom peut également se trouver au singulier avec un
fonctionnement dense (I don't have enough time, Do you have a little time for me ?). Avec le
changement de fonctionnement le nom change également de sens.
A quoi reconnait-on le fonctionnement d'un nom dans un énoncé ? En premier lieu la forme même du
nom indique s'il est au singulier ou au pluriel, comme dans le texte ci-dessus : cowboys, motorcycles.
Il est possible de dire lorsqu'un nom a la marque s du pluriel qu'il fait partie des noms qui
fonctionnent en discret ou comptable. Lorsqu'il n'a pas de s, il devrait donc fonctionner soit en dense
(continu quantifiable), soit en compact (continu non quantifiable). Pour différencier ces deux
dernières catégories, il suffit alors de vérifier si un quantifieur peut leur être appliqué. Mais à regarder
le texte de plus près, on se rend compte que cette méthode est loin d'être infaillible ; le nom reindeer
est au singulier, puisqu'il n'a pas de s, or il s'accorde au pluriel avec le verbe be, The reindeer are
remarkarbly tame
…. Plus loin dans ce même texte (suite non reproduite ici) nous avons : At virtually
every fire there is a reindeer that has been killed and its meet hung in the trees to await inclusion in
the dinner pot
. Il s'agit donc bien d'un nom qui fonctionne en discret. Mais à partir de cet énoncé,
nous pouvons dire : reindeer is good, nous avons d'ailleurs plus loin dans le texte (…)and live off
reindeer
, où celui-ci a alors un fonctionnement dense, qui en fait une matière. Or, jamais la forme
extérieure du nom ne change. Par conséquent, pour analyser le fonctionnement d'un nom, il est
nécessaire de tenir compte :
- de la forme du nom lui-même (cowboys)
- de la façon dont l'auxilliaire ou le verbe s'accorde avec le nom si celui-ci est sujet (the reindeer
are running around in circles, reindeer is good
)
- de la forme du déterminant (there is a reindeer, how many reindeer he has)
- et éventuellement de la forme du pronom qui le remplace (their huge numbers…)
Cette remarque pose le problème de la catégorie des noms en anglais. Nous allons dresser une liste
des différentes catégories selon les difficultés que cette classification pose aux francophones,
puisqu'elle fait référence au réel d'une façon différente de celle à laquelle nous sommes habitués. Pour
une classfication plus extensive vous pourrez vous reporter à la grammaire de P. Larreya et C. Rivière
(Gammaire Explicative de l'Anglais, Longman). Les listes qui suivent ne sont pas exhaustives et ne
présentent que les différences par rapport au français.
-1 – Les noms dénombrables invariables : sheep, fish, deer… tout ce que l'on pêche ou chasse —
biceps, series, species — crossroads, kennels, means — craft, spacecraft, aircraft — quid (argent),
stone (mesure), head (tête de bétail)— barracks, headquarters, works (usine) .
-2- Les noms indénombrables au singulier : les matières —air, mud, blood—, les états—happiness,
anger, stupidity
— les actions —cooking, swimming, singing— les couleurs, les langues, les jeux et
sports—billiards, draughts, darts— les maladies—measles, pneumonia, mumps.
-3- Les noms indénombrables au pluriel : ils ont une forme de pluriel et s'accordent au pluriel, on
ne distingue pas d'occurrences même s'ils sont quantifiables (many, a few, a lot of). Ils ont parfois un
équivalent français dénombrable au singulier : archives, earnings, morals….
-4- Les noms collectifs facultatifs : ils peuvent entraîner un accord du verbe soit au singulier soit au
pluriel : The government is/are.
-5- Les noms collectifs obligatoires : ce sont des noms toujours au pluriel sans en avoir la forme
(cattle, police, people …)
-6- Les objets doubles : trousers, glasses, binoculars
Une fois qu'on a déterminé à quelle catégorie le nom appartient, il est possible d'analyser son
fonctionnement (dense, discret, compact) et de passer à l'analyse du déterminant lui-même.

Etude des déterminants ø, a, the

Article ø

Observation d'un texte : Introducing Peter. (Ian McEwan, The Day dreamer)
When Peter Fortune was ten years old grown up people sometimes used to tell him he was a
difficult child. He never understood what they meant. He didn't feel difficult at all. He didn't
throw milk bottles at the garden wall, or tip tomato ketchup over his head and pretend it was
blood, or slash at his granny's ankle with his sword, though he occasionally thought of these
things. (…) He went to school everyday like all other children and never made that much fuss
about it. (…) Policemen never came at the front door wanting to arrest him. Doctors in white
coats never offered to take him away to the madhouse.

Dans ce texte nous avons deux types de déterminations avec l'article ø : ø+nom au singulier He went
to school
, ø+nom au pluriel, Policemen never came at the front door. Que ø soit suivi du singulier ou
du pluriel, il doit marquer une opération fondamentale retraçable dans toutes ses utilisations.
Si nous avons ø+ Ns, comme avec grown up people used to tell him… :
- Cette opération est parfois nommée extraction plurielle : tout élément correspondant à un élément de
la classe grown up people, qui en a toutes les propriétés, est concerné par cet énoncé.
Avec ø+nom au singulier, deux cas se présentent :
– …or tip tomato ketchup on his head and pretend it was blood. Où les noms fonctionnent en
dense, ils réfèrent à des éléments dont on peut prélever une partie. Il ne s'agit pas d'une extraction
plurielle mais d'un renvoi à la notion, aux propriétés de la matière désignée par le nom (la sauce
tomate pourrait se voir attribuer les propriétés du sang). On ne renvoie pas à une classe toute
entière mais à un élément qui a toutes les propriétés blood.
He went to school everyday: Où le nom fonctionne en compact et fait référence à un concept (pas
à un bâtiment). Le concept d'éducation.
Nous voyons bien ici qu'il est essentiel de prendre en compte la catégorie à laquelle appartient le nom
(discret, dense, compact). D'autre part, il est également possible de déterminer un nom qui fonctionne
habituellement en discret avec l'article ø+singulier. Exemple de Thackeray cité par J.C. Souesme dans
Grammaire Anglaise en Contexte : Man is destined to be a prey to woman. Man et woman renvoient à
des êtres humains ayant toutes les propriétés de masculinité ou de féminité. Il n'est pris en compte
aucune occurrence particulière. En français il faudra le déterminant le.
Il est également possible de catégoriser de façon différente un nom qui peut fonctionner en discret
comme en compact ; nous en avons un exemple dans le texte ci-dessus avec le nom school : He could
have been setting his school on fire
(il est fait référence au bâtiment, il s'agit d'une occurrence de
school, qui a ici un fonctionnement discret) .

L'article a

Nous reprendrons le début du texte donné pour l'article ø :
When Peter Fortune was ten years old grown-up people sometimes used to tell him he was a
difficult child
.
auquel nous ajouterons l'énoncé suivant extrait de la même nouvelle : It was not until he had been a
grown-up
himself for many years that he finally understood
.
Nous voyons dans ces deux séquences que les deux noms à analyser a difficult child, a grown-up sont
attributs du sujet. Ils permettent de qualifier le sujet de l'énoncé. Il est donc attribué des propriétés au
référent de ce sujet : he a toutes les propriétés caractéristiques de a difficult child puis dans le
deuxième énoncé de a grown-up. Le référent du sujet he correspond à une occurrence d'un élément de
la classe des difficult children puis de celle des grown-ups. Peut-on tenir le même raisonnement avec
l'énoncé suivant toujours extrait de la même nouvelle? People would see Peter lying on his back on a
summer's afternoon, chewing a piece of grass and staring at the sky
. Ici, le nom surligné grass
fonctionne en dense mais est précédé du quantifieur a piece of qui permet d'isoler une occurrence
d’un élément qui fonctionne en dense. Il est complément de rang 1, et complément d'objet direct du
verbe chew. Il est dit qu'en situation il y a un élément qui a toutes les caractéristiques d'un élément de
la classe étiquetée piece of grass.
Cette opération marquée par l'article a et qui permet de prendre en compte en situation une
occurrence qui a toutes les propriétés caractéristiques d'un élément de sa classe est appelée
opération d'extraction. Dans les deux premiers énoncés étudiés, il s'agit d'une extraction à valeur
qualitative, puisqu'on prédique des propriétés valables pour un élément (he a toutes les propriétés de
difficult child, he a toutes les propriétés de grown-up), dans le deuxième cas il s'agit d'une extraction à
valeur quantitative puisqu'il s'agit de prédiquer l'existence d'une occurrence de brin d'herbe.
Voici deux exemples d’analyse :
1 – A wizard? Him? How could he possibly be? He’d spent his life being clouted by Dudley and
bullied by Aunt Petunia and Uncle Vernon;(…)
‘Hagrid’, he said quietly,’I think you must have made a mistake. I don’t think I can be a wizard’.

J.K. Rowling, Harry Potter and the Philosopher’s Stone, 1997.
2 – What did the Pig-man look like? He would have little eyes, and a snout with a flat end; but would
he have trotters, or hands and feet like a person’s?

J. Wain, A message from the Pig-man in Charmed Lives, 1965.
Nous avons deux exemples de détermination d’un nom par le déterminant a :
1 – a wizard
2 – a snout
Fonctionnement du nom déterminé et description de la relation prédicative :
Ces deux noms sont des dénombrables, ils fonctionnent donc en discret. Ils sont tous les deux au
singulier et déterminés par a. Si nous revenons au contexte de ces énoncés, nous pouvons isoler les
relations prédicatives suivantes :
<harry-be-wizard>
<Pig-man-have-snout>
L’énoncé construit à partir de la première relation prédicative est à la forme négative, le deuxième à la
forme affirmative. Dans le premier énoncé, wizard est en position d’attribut du sujet après le verbe be,
dans le deuxième, snout est complément d’objet direct du verbe have.
Opération fondamentale marquée par a :
A est aussi désigné par le terme marqueur d’extraction. Cela signifie que l’énonciateur indique par
son utilisation qu’il y a, dans la situation décrite, un élément qui correspond exactement à un élément
de la classe wizard ou snout, il en a toutes les propriétés.
Avec le déterminant one, il y aurait reprise d'un élément déjà mentionné: one snout serait un exemple
de snout, ou s'opposerait à two.

L'article the

Nous prendrons le texte suivant extrait de Waiting for the Barbarians de J.M. Cotzee.
I have never seen anything like it: two little disks of glass suspended in front of his eyes in
loops of wire. Is he blind ? I could understand it if he wanted to hide blind eyes. But he is not
blind. The disks are dark, they look opaque from the outside, but he can see through them. He
tells me they are a new invention. "They protect one's eyes against the glare of the sun," he
says. "You would find them useful out here in the desert. They save one's eyes from squinting
all the time. One has fewer headaches. Look", he touches the corners of his eyes lightly. "No
wrinkles". He replaces the glasses. It is true. He has the skin of a younger man. "At home
everyone wears them.
"
La première détermination par l'article the est the disks are dark, où the détermine le nom disk neutre
discret au pluriel. Le nom disk est employé pour la seconde fois dans ce texte (two little disks of
glass…), il s'agit donc de ce qu'on appelle une reprise, reprise contextuelle ici, puisqu'il s'agit d'un
élément cité dans le contexte. The permet de déterminer un nom qui renvoie à un élément connu de
l'énonciateur et du co-énonciateur. Il permet ensuite de le mettre en évidence par rapport à d'autres
éléments du texte ou de la situation.
- the glare of the sun
- the skin of a younger man.
Nous avons à chaque fois un complément du nom en of qui permet au co-énonciateur de comprendre
ce à quoi fait référence l'énonciateur. Le complément peut également être une relative (the book
which is on the table
). Il s'agit ici également de justifications contextuelles, l'élément déterminé par
l'article the est défini par le contexte.
Il est également possible d'employer l'article the dans un énoncé généralisant.
The suivi d'un nom qui fonctionne en discret et déterminé au singulier :
- The horse is a beautiful animal
Il s'agit de prendre en compte un élément représentant de tous les éléments de sa classe avec toutes
ses propriétés. Il s'oppose alors à d'autres éléments comparables, ici les animaux domestiques. Nous
pouvons sous-entendre : but the cow
Il peut également s'agir de la prise en compte d'un groupe complet en opposition à un autre groupe :
Détail d’un exemple :
Blacks expose small children to everything, they don’t protect them from the sight of fear and pain the
way the whites do theirs. It is the young wife who rolls her head and cries like a child, sobbing on the
breast of this relative and that
.
Nadine Gordimer, The Moment before the Gun Went off.
Nous allons étudier la séquence soulignée the whites :
Description :
White est un nom de couleur plus souvent adjectif, utilisé ici comme un nom qui fonctionne en
discret, il est d’ailleurs au pluriel. Il fait partie de la relation prédicative suivante :
<white-protect-child> et est déterminé par the.
A quoi sert the :
The permet de reprendre un terme (du contexte ou de la situation) déjà identifié par écrivain et lecteur,
et de le mettre en évidence par rapport à d’autres éléments du contexte.
Sens de cette opération en contexte :
Ici, le nom white au pluriel réfère à un groupe et fait l’objet d’une reprise contextuelle implicite et
culturelle : le terme n’a pas été utilisé en tant que tel, mais la référence aux blacks fait que whites ne
peut que référer au peuple blanc. La mise en relief est en fait une opposition du groupe constitué de
whites au groupe de blacks. Nous avons donc un emploi de the généralisant. Il s’agit d’attribuer une
propriété différentielle au peuple blanc : they protect their children from pain.
Manipulations :
Nous aurions pu avoir le marqueur ø, il y aurait eu prise en compte des propriétés des blancs d’une
part, et des noirs d’autre part. Mais nous n’aurions pas eu l’opposition d’un groupe à l’autre,
essentielle au sens du texte et résultat de la valeur du marqueur de fléchage.
This et that
This et that sont des démonstratifs : ils permettent une mise en relief dont la personne qui parle est le
point de repère. Ils peuvent être pronoms ou déterminants, il faudra toujours le préciser lors de
l'analyse.
Soit l’énoncé suivant :
If you are reading this in mid-air over America and the cabin starts to tilt down suddenly,
don't be surprised: you are just experiencing an "unstabilised approach". This is pilot-speak
for when an aircraft has to swoop swiftly down to land.
The Economist, March 10th 2001.
This est deux fois pronom dans ce texte. La première fois il reprend et remplace article ou text, la
deuxième fois il reprend la locution unstabilised approach. Pour expliquer le premier emploi de this
ici, nous pouvons dire que ce qui est repris est un élément qui fait partie de la sphère du journaliste au
moment de l'énonciation : il s'agit de l'article qu'il écrit. Cet élément lui appartient encore au moment
de l'écriture, il n’est pas fini. Pour this is pilot-speak, le journaliste est en train de présenter l'élément
repris par le pronom au co-énonciateur. Il en est encore en quelque sorte "possesseur". Au moment où
il énonce cette occurrence de this, la présentation n'est pas close, le co-énonciateur ne possède pas
tous les éléments nécessaires à la compréhension.
At deregulation in 1978, there were 250 million passengers a year; by last year that had
nearly tripled to 670m, and the average fare was 40% lower in real terms.
ibid.
That également pronom ici, reprend un élément sur lequel il n'y a plus rien à ajouter. Cet élément fait
autant partie de la sphère du journaliste que de celle du lecteur, ils en savent autant l’un que l’autre sur
l’élément repris.
Nous voyons avec ces deux exemples, que l'analyse des emplois de this et that ne peut se réduire à
dire que that détermine ou reprend tout ce qui a déjà été cité dans le contexte, et this tout ce qui est à
présenter. Tout dépend de la façon dont l'énonciateur situe l'élément à déterminer par rapport à luimême.
That peut également déterminer un élément proche de l'énonciateur dans l'espace mais dont il juge
qu'il ne fait pas partie de sa sphère, c'est ce qu'on appelle la valeur péjorative de that.
Some, any et no
Some
Voici un exemple très représentatif de l'utilisation de some :
The rosy expectation that "a rising tide lifts all boats" was at best naive. The tide of
globalisation is raising only some boats, and to different levels and in different ways.
Newsweek, March 2001.
Dans cet exemple-ci, some détermine le nom boats (neutre, au pluriel) à fonctionnement discret et qui
a déjà été mentionné dans le contexte. Il s'agit donc d'une reprise. Some, lorsqu'il s'agit de la valeur
quantitative, détermine un élément qui a déjà été mentionné, ou dont l'existence est sous-entendue
dans le contexte, et dont on prélève une quantité indéterminée. Si nous revenons à l'exemple de
Newsweek ci-dessus, boats est cité à la phrase précédente, il fait l'objet d'une reprise dans le contexte,
et l'énonciateur utilise some pour indiquer que tous les éléments boats ne sont pas concernés. Une
certaine partie seulement de ceux-ci est concernée. Il s'agit ici d'une utilisation à valeur quantitative
puisqu'il est fait référence à des occurrences de l'élément boats. C'est l'utilisation la plus courante
lorsque some détermine un nom à fonctionnement discret au pluriel.
La différence de sens entre les deux énoncés suivants est importante pour retenir l’opération
fondamentale marquée par some :
Do you want tea or coffee ?
Do you want some coffee ?
Dans le premier cas, il s'agit de la référence à deux notions : le co-locuteur préfère-t-il une boisson
ayant les propriétés du café ou celles du thé ?
Dans le deuxième cas, le café a déjà été mentionné ou est présent dans la situation d'énonciation et il
est demandé au co-locuteur s'il en veut.
S'il est suivi d'un nom qui fonctionne en discret mais au singulier, il s'agit d'un emploi à valeur
qualitative :
But it doesn't matter what anyone feels inside. If someone needed money desperately, or if
some guy hated his mother or hated everyone and everything, if someone was totally
deranged, and I was there at the wrong time, it wouldn't matter.
Lynn Tillman, Border Lines, Stories of Exile and Home, 1993.
Il ne s'agit pas ici de prendre en compte une quantité indéfinie du référent du nom guy (masculin à
fonctionnement discret au singulier), mais de faire référence à un élément quelconque de la classe
guy, élément qui a toutes les propriétés pour appartenir à cette classe. Contrairement à la
détermination par a, il ne s'agit pas de faire correspondre une occurrence à un élément de la classe,
mais de prendre en compte un élément qui a les propriétés minimales pour appartenir à cette classe.
Some, dans sa valeur qualitative, peut aussi renvoyer au haut degré; il détermine alors un élément qui,
selon l'énonciateur, représente ce que l'on peut trouver de mieux dans la classe :
'He was some kind of a man'.
Orson Wells, Port de l'Angoisse.
Le haut degré peut également être utilisé dans un énoncé qui, dans le contexte, prend une tournure
ironique :
Davey Cantor came past me, chasing a ball that had gone between his legs.
'Some murderers,' I grinned at him.
'You'll see,' he said as he bent to retrieve the ball.
'Sure,' I said.
Chaim Potok, The Chosen, 1966.
La glose à cet emploi pourrait être : You told me the other team were murderers, but they can't even
play.
Some à valeur qualitative peut aussi déterminer un nom qui fonctionne en continu dense : That was
some coffee. Dans ce cas, some porte l'accent de phrase.
Lorsque some détermine un nom qui fonctionne en continu compact, il indique la prise en compte
d'un certain degré : he showed some courage. C'est un emploi à valeur qualitative. On ne quantifie
pas le courage, on prend en compte la présence de certaines propriétés caractéristiques du courage.
Any
Voici deux énoncés dans lesquels any est utilisé pour déterminer des noms qui fonctionnent de façon
différente :
The life, values, politics and ideas of any small town or village anywhere in the European
Union feels much more like home than any small town in middle America.
Time Magazine, March 2001.
The wind became light. I don't think there was any visual awareness of this…
J. Fowles, The Maggus.
Any peut déterminer un nom qui fonctionne en discret ou en continu dense ou compact, le nom discret
peut être au singulier ou au pluriel, l'énoncé peut être à la forme affirmative, interrogative ou négative.
Any indique que l'énonciateur passe en revue toutes les occurrences possibles d'un élément pour les
placer toutes sur le même plan, elles sont toutes équivalentes. Avec any l'énonciateur ne fait pas de
choix. C’est pour cette raison qu’il est plus fréquemment utilisé dans des énoncés à la forme
interrogative ou négative :
I don’t want any wine.
Aucune quantité, si petite soit-elle ne convient. Si any est utilisé dans une question, l’énonciateur se
renseigne pour savoir si le co-énonciateur désir ou possède la moindre quantité de quelque chose.
Nous reprenons les énoncés donnés en ouverture de cette partie :
- any small town in the European Union, any small town in middle America : tous les villages de
l'Union européenne sont sur le même plan et équivalents comme les villes au centre des Etats-
Unis.
On parle ici d'emploi qualitatif de any : aucun des éléments small town ou village n'a de propriété
distinctive pour être singularisé.
Any a toujours une valeur qualitative lorsqu'il précède un nom qui fonctionne en discret, au singulier.
- Any visual awareness : cette fois, any détermine un nom au singulier qui fonctionne en continu
compact. Il s'agit de nouveau d'un emploi à valeur qualitative : parmi toutes les propriétés passées
en revue, aucune n'est relative à visual awareness.
The alleged documents of abandonment, which contain a questionnaire on whether the
children have any surviving relatives, often offer contradictory reports on their family
situation.
Time Magazine, March 2001.
(Cet énoncé est extrait d’un article traitant de l’avenir des orphelins rwandais).
Dans cet énoncé, any précède relative un nom masculin ou féminin qui fonctionne en discret, dont on
peut compter les occurrences. Ce nom est au pluriel. Il est inséré dans la relation prédicative : <childhave-
surviving relative>
Il s'agit ici d'un emploi quantitatif : le sujet de l’énoncé possède-t-il encore au moins un membre de sa
famille ?
Nous aurions pu utiliser le marqueur ø, l’énoncé serait resté grammaticalement plausible. Mais le sens
n’aurait pas été le même. Le marqueur ø permet un renvoi à la notion, c’est-à-dire aux propriétés
constitutives du terme relative dans ce cas. Or, ici ce n’est pas le fait de savoir s’il y a un parent ou
pas qui importe mais plutôt de savoir s’il reste le moindre survivant dans les familles des enfants
rwandais.
A titre d'exemple, on comparera les deux énoncés suivants :
I haven't bought any coffee.
I don't buy any coffee.
Dans le deuxième exemple, il est possible et même plus courant d'introduire just devant any. Si just
convient, il est alors sûr qu'il s'agit d'un emploi à valeur qualitative, on fait référence à la qualité ou au
type de café. Alors que le premier est un emploi quantitatif, on fait référence à une occurrence de la
matière café dans la situation.
on ne peut l'employer any dans des énoncés strictement assertifs, à moins que ces énoncés ne fassent
pas référence à une situation particulière, comme dans cet exemple :
Our bodies get landed on every day. Our insides are carved up and churned over and spit out
into nothing, they become nothing. Anyone can be the ennemy. Everyone is strange.
Lynn Tillman, Border Lines.
La présence du modal can implique que l'énoncé fait référence à du possible et non à un moment
particulier, ce qui permet la compatibilité avec any.
Anyone knows that.
où la valeur générique du présent simple permet de référer à un ensemble de situations, référence
compatible avec any.
Pour conclure sur les deux parties consacrées à some et à any, nous proposons ce dernier énoncé
extrait du Lion King, le dessin animé des studios Disney. Cette réplique est prononcée par le petit lion
juste après la chute mortelle de son père :
Help ! somebody! Anybody…
Il sait que normalement, en tant que fils royal il est entouré de gens, donc il peut crier somebody,
some marquant une opération de prélèvement sur un groupe déjà constitué. Avec any, il signifie que
n’importe quelle occurrence de body conviendrait, any indiquant qu'il accepte toutes les occurrences
possibles, elles sont équivalentes. L’ironie de la situation est que finalement c’est la seule personne
non désirable qui se présente pour aider : l’oncle traitre, le tigre.
No
Suite à l'analyse de any, nous pouvons comparer les différents énoncés négatifs dans lesquels any et
no peuvent être employés.
Nous prendrons pour point de départ un énoncé extrait du début d'un roman de Ruth Prawer Jhabvala
To Whom She Will :
Radha was annoyed : 'When they have a big car, they think they have to make a lot of noise.'
Every time she rode in a tonga she felt annoyed in this way; this was because out of three
sisters she was the only one who owned no motor car .
Dans cette dernière phrase, she owned no motor car, la négation porte sur la notion de voiture. Dans
les possessions du référent du sujet de l'énoncé she, il n'y a rien qui ait les propriétés relatives à la
notion motor car. Il n'y a aucune relation entre she et motor car.
Si nous avions eu : She didn't own a motor car.
La négation aurait porté sur l'occurrence de l'élément voiture dans la situation. Cette solution
conviendrait moins bien au contexte où il est vraiment question de ce que la relation au véhicule
motorisé signifie socialement. Il n'est pas question d'occurrence particulière ni des différentes
possessions du référent du sujet de l'énoncé mais de la notion de voiture.
Nous pouvons également manipuler de la façon suivante : She didn't own any motor car.
Avec cette solution, il y a négation de la relation prédicative elle-même. Any marque le passage en
revue de toutes les occurrences possibles de voitures pour montrer qu'elles sont toutes équivalentes et
qu'aucune ne convient. Nous perdons la prise en compte de la notion de véhicule motorisé.
La comparaison des deux énoncés suivants, souvent donnée à titre d'exemple, est explicite sur ce
point :
You are not a doctor.
You are no doctor
Dans le premier exemple, la négation porte sur l'appartenance du sujet de l'énoncé à la classe des
docteurs.
Dans le deuxième énoncé, le sujet appartient peut-être à la classe des docteurs mais, selon
l'énonciateur, il n'en a pas les propriétés. Il n'y a pas de relation entre celui-ci et la notion de docteur.
Every et each
Soit le passage suivant extrait du roman de John Irving, A prayer for Owen Meany :
LIBERACE! Owen cried, every time he saw the man; his TV show appeared ten times a week.
He was a ridiculous peacock of a man with a honey-coated, feminine voice and dimples so
deep that they might have been the handywork of a ball peen hammer.
'Why don't I slip out and get into something more spectacular ?' he would coo; each time, my
grandmother and Owen would roar with approval, and Liberace would return to his piano,
having changed his sequins for feathers.
Ces deux exemples de every et each, à peu de distance dans le même texte et déterminant le même
nom, permettent une bonne illustration des deux différentes façons de signifier chacun en anglais :
- every : alors que any indique que l'énonciateur considère toutes les occurrences équivalentes et
qu'il n'en choisit aucune pour valider la relation prédicative, every indique que toutes les
occurrences faisant partie de l'ensemble désigné sont choisies. Dans l'énoncé ci-dessus, every
indique que l'énonciateur prend en compte tous les moments d'apparition de man au même titre.
- Each : comme avec every toutes les occurrences sont choisies, mais il indique que l'énonciateur
prend en compte chaque occurrence individuellement pour mettre en évidence sa particularité. Cidessus,
dans each time he would coo … each indique que time recouvre un ensemble d'éléments
individuables. Le sujet de l'énoncé faisait toujours la même chose, mais, selon l'énonciateur, on
aurait pu attendre autre chose. Dans cet exemple, le sujet de l'énoncé faisait chaque fois comme si
c'était la première fois.
De plus, ces deux marqueurs apparaissent l'un à la suite de l'autre, every avant each. En fait every
permet de créer un ensemble. puis avec each, une fois l'ensemble créé, il est possible de considérer les
éléments dans leur individualité.
Every convient également mieux aux énoncés généralisants et each aux énoncés faisant référence à
une situation particulière.
! every, comme each, est toujours suivi d’un nom au singulier.
Les quantifieurs
Tous les quantifieurs indiquent un prélèvement sur un ensemble existant, comme some. Mais tous
marquent une quantité plus précise, et il est possible de les classer en fonction de l'importance de la
quantité prélevée. Seul some peut avoir une valeur qualitative.
One
There were few programs that could sustain our interest. When we watched TV alone, Owen
would always say, 'I CAN JUST HEAR WHAT YOUR GRAND MOTHER WOULD MAKE OF
THIS.'
Of course there is no heart—however serious— that finds the death of culture entirely lacking
in entertainement; even my grandmother enjoyed one particular television show.
John Irving, A prayer for Owen Meany.
One particular television show : television show déterminé par one fait l'objet d'une reprise
contextuelle. Nous avons quelques lignes plus haut : there were few programs. One est un quantifieur
et il permet de prélever dans un ensemble déjà mentionné une occurrence unique. Il n'est pas question
comme avec a de renvoyer à un élément ayant des propriétés particulières ou mentionné pour la
première fois, mais de prendre en compte un seul élément. One est un cardinal et permet de faire
référence à l'unicité:
He crammed sixty thousand dollars'worth of chinchilla onto one coat.
John Irving, A prayer for Owen Meany.
Analyse
Description :
One détermine coat, nom neutre au singulier et à fonctionnement discret inclus dans la relation
prédicative : <liberace-cram-60thousand dollars-coat>.
Opération fondamentale marquée par one :
One est un quantifieur, il permet de prélever un élément dans un ensemble déjà constitué et
mentionné dans le teste ou le contexte.
Valeur en contexte :
Ici, one pourrait être suivi de only. Il permet de quantifier l’élément coat et de bien signifier qu’il n’y
en avait qu’un seul pour marquer la disproportion entre la somme mentionnée et l’objet de l’achat.
Manipulations
One pourrait évidemment être remplacé par le déterminant a. Mais a permet d'introduire un élément
qui a toutes les propriétés manteau. Or, ici la classe des vêtements a déjà été mentionnée et c’est
l’unicité du vêtement prélevé sur cette classe qui importe.
Few
Few a un fonctionnement particulier : il ne désigne pas le même type de quantité selon qu'il est lui
aussi déterminé ou pas.
Nous pouvons reprendre la séquence contenant few dans l'énoncé cité pour one : there were few
programs that could sustain our interest. Ici few désigne une petite quantité, signifiant peu (very few :
très peu), petite quantité envisagée de façon négative, peu par rapport à ce qu'on aurait pu attendre. Si
on avait eu a few, cela aurait désigné une quantité petite, mais envisagée de façon positive, signifiant
quelques. Quite a few signifie par contre qu'il y en a plus qu'envisagé.
Dans tous les cas, few désigne une quantité supérieure à zéro, signifiant qu'il y a quelque chose.
Several
There have been several Real IRA bombings in Northern Ireland this year and arrests show
that the group has attracted many inexperienced youths.
The Economist, March 10th 2001.
Several marque la prise en compte d'une quantité plus importante que celle marquée par few. On peut
considérer qu'il marque le prélèvement de plus d'un élément.
Dans cet énoncé, several bombings est une preuve de l'importance du groupe terroriste. L'utilisation
de several indique que l'énonciateur considère la quantité comme non-négligeable.
Cet exemple amène également à s'interroger sur l'emploi de many : …and arrests show that the group
has attracted many inexperienced youths. Pourquoi avoir choisi many et pas a lot of ou plenty of ?
Many et much
Many et much marquent la prise en compte d'une quantité importante. Ils sont souvent employés dans
des énoncés interrogatifs ou négatifs. Many détermine les noms qui fonctionnent en discret et much
les noms qui fonctionnent en continu dense ou compact. Quelle différence y-a-t-il entre ces deux
quantifieurs et a lot of ?
Nous pouvons introduire un deuxième exemple :
Early this year, a partially detonated bomb at an army barracks in County
Londonderry would have killed many sleeping soldiers if it had exploded as planned.
The Economist, March 10th 2001.
Dans cet exemple, many signifie : plus qu'il n'est acceptable. Dans un énoncé affirmatif, many et
much marquent le prélévement d'une quantité plus importante que celle qui est envisageable. C’est la
raison pour laquelle ils sont plus fréquemment utilisés dans des énoncés aux formes négative ou
interrogative.
Both, all, the whole
Ce sont des marqueurs qui permettent de créer ou de référer à des ensembles
Avec both, l'énonciateur parcourt un ensemble déjà constitué de deux éléments. Ainsi on pourra dire
both hands, ou both of them si le groupe est déjà constitué autour d'une propriété commune. Sinon, il
faudra dire the two of them. Avec all, l'énonciateur construit un ensemble autour d'une propriété
commune :
The Real IRA was born in 1997, after the IRA restored its ceasefire so that Sinn Fein could be
part of the negociations on power sharing in the government. Five veterans of the IRA's
managing executive, all of them from south of the border, walked out. One was the quartermaster
in charge of arms dumps.
The Economist, March 10th 2001.
Il est possible ici d'utiliser all puisqu'il est dit ensuite qu'ils sont tous du sud de la frontière. Le groupe
se constitue autour de la propriété be from south of the border.
Employé avec un continu dense (ou du discret) et the (all the milk, all the rice) all permet de prendre
en compte tout un ensemble préalablement établi mais qui n'a pas de stabilité hors de la situation à
laquelle il est fait référence; il n'y a pas de contenant, l'ensemble est relatif à l'événement : he drank
all the milk (tout le lait qu'il y avait à boire).
Avec the whole, enfin, l'ensemble est déjà constitué et parfois correspond à un contenant : he drank
the whole bottle, he read the whole book in one night.
Comme pour le groupe nominal, l’analyse du groupe verbal est fondée sur deux éléments principaux,
et ce, quelle que soit la forme verbale à analyser :
- le type de procès associé au verbe de la séquence soulignée,
- le type de détermination appliquée à ce verbe.
Ces deux étapes devront toujours être respectées. Elles sont essentielles à la compréhension de la
forme à analyser dans le contexte, même si ce n’est que le début de l'analyse grammaticale de la
détermination.
1 – Méthodologie
Voici une brève présentation des différentes étapes à respecter.
Soit l'énoncé suivant dont deux séquences sont soulignées :
'I was checking on Mrs Stone. She's been sick, but that's beside the point.'
Josephine Tey, The Daughter of Time, Arrow Crime, 1951.
A – Reprise explicite des séquences soulignées :
- I was checking on Mrs Stone
- She's been sick
B – Mise en évidence de la relation prédicative :
<I- check on – Mrs Stone>
<she-be sick>
C – Aspect lexical du verbe et énumération des déterminations utilisées
Nous analysons ici la détermination verbale, il faut donc reprendre les verbes, et dans un premier
temps déterminer les types de procès ou aspects lexicaux (nous expliquons au paragraphe 2 de cette
partie ce que nous entendons par aspect lexical du verbe) qui leur correspondent, puis donner de façon
claire toutes les déterminations qui leur sont appliquées :
- le verbe check est un verbe de processus borné à gauche et à droite, au présent avec l'aspect en be
+Ving.
- le verbe be est un verbe d’état, au présent avec l'aspect parfait.
D – Valeur généralement attribuée à cette détermination verbale
Cette partie concerne l’opération fondamentale marquée par le marqueur grammatical qui détermine
le verbe.
Nous donnons cette méthode sous forme schématique pour faire ressortir de façon claire les étapes
essentielles. Mais il va de soi que l'analyse devra être rédigée en un français correct.
2 – Classification des verbes selon leur aspect lexical :
Soit l'exemple suivant :
'We want to practise'.
'How's that?' Mr Galanter said again, looking surprised.
'You practised, now we practise.'
Chaim Potok, The Chosen.
Les deux séquences soulignées sont au présent simple. Or, ces deux formes au présent simple n'ont
pas le même sens en contexte et cela est dû à ce qu'on appelle leur différence d'aspect lexical. Cet
aspect lexical permet de classer les verbes (ce à quoi le verbe réfère) en deux catégories principales :
1 – les verbes pour lesquels on ne peut définir ni début, ni fin, aussi appelés verbes d'état : like, love,
hate, want, desire, be… C'est à cette catégorie qu'appartient le verbe de la première forme soulignée
de l'extrait ci-dessus.
2 - les verbes pour lesquels il est possible de distinguer un début, ou un début et une fin, aussi appelés
verbes de processus : walk, play, sing… ou tels que fall, close, kick…. Ils font référence à des
activités. Le verbe de la deuxième séquence soulignée de l'extrait ci-dessus appartient à cette
catégorie.
3 - Différents types de détermination verbale
En anglais, il existe deux temps, au sens grammatical du terme : le présent et le prétérit.
Morphologiquement, le présent se reconnait au s de la troisième personne du singulier et le prétérit à
la désinence ed ajoutée à toutes les personnes, ou à l'utilisation de la forme prétérit d’un verbe
irrégulier.
A ces deux temps peuvent s'ajouter des aspects, également au nombre de deux : l'aspect dit 'progressif
' ou en be+Ving, et le parfait ou have-en ('en' symbolisant le participe passé du verbe). Avec ces quatre
éléments, on peut composer le présent et le prétérit simple, le présent et le prétérit dits 'progressifs' ou,
désormais ici, en be+Ving, le present perfect, le pluperfect ou past perfect, qui peuvent également
avoir un aspect en be+Ving. A ce système des temps et des aspects, s'ajoutent les auxiliaires de
modalité. Nous commencerons par étudier les temps simples puis les temps aspectués puis les
auxiliaires de modalité.
3.1 - Les temps simples
3.1.1 – Le présent simple
Soient les énoncés suivants tous extraits de romans :
1 – 'There isn't a murder type. People murder for too many reasons.'
Josephine Tey, The Daughter of Time, Arrow 1951.
2 – 'What made you choose polyo ?'
'I don't know now that you ask me.'
Ibid.
3 - 'He's a very nice person, I like him.'
'So? All of a sudden you like him.' He was smiling.
Chaim Potok, The Chosen, Penguin Books, 1966.
4 - 'I heard about that Danny Saunders, he always hits to the pitcher.'
Ibid.
5 - 'How do you know so much about Reb Saunders?'
'My father gives him contributions.'
'Well, good for your father,' I said
'He doesn't pray there or anything. He just gives him contributions.'
Ibid.
6 – 'Look', he touches the corner of his eyes lightly. 'No wrinkles'. He replaces the glasses.
J.M. Coetzee, Waiting for the Barbarians.
Dans ces énoncés, les séquences soulignées sont des verbes au présent simple. Au présent simple le
sujet est en relation directe avec le verbe qui porte une détermination minimale (forme nue, et s à la
troisième personne du singulier). Dans toutes ces séquences, le présent simple a des valeurs
différentes, mais elles ont toutes un point commun : la mise en relation du sujet avec les propriétés
associées au verbe. La validation est envisagée de façon globale : les propriétés essentielles du verbe
sont validées pour le sujet de l'énoncé, l'énoncé est une information brute. Il n'y a ni aspect ni point de
vue porté sur la validation, aucun repérage par rapport à la situation d'énonciation. C'est la valeur
centrale du présent simple. En contexte, cette valeur centrale se réalise en différentes valeurs. Nous
pouvons diviser celles-ci en deux groupes essentiels : celles relatives à l'utilisation du présent simple
pour faire référence à une situation spécifique, particulière, et celles relatives à son utilisation pour
référer à des situations répétées.
Valeurs du présent simple hors situation
Dans les énoncés 1, 4 et 5 les séquences soulignées correspondent une relation prédicative dont la
détermination implique qu’elle est validable pour un ensemble de situations.
En 1, il s'agit d'un dialogue et nous avons une vérité générale énoncée par l'un des locuteurs. Celle-ci
est du même ordre que The sun rises in the East. La relation validée est valable pour tout moment,
quelle que soit la situation d'énonciation.
En 4, le verbe est précédé de l'adverbe always, indiquant qu'on réfère à une habitude du sujet. En
effet, le marqueur de fréquence indique que la relation est validée pour une classe de situations. Il
s'agit alors soit d'une habitude comme en 4 — he always hits to the pitcher —, soit d'une propriété
du sujet comme en 5 où il y a une comparaison entre deux propriétés possibles pour le sujet : he
doesn't pray, he just gives contributions. Cette référence à une propriété est du même ordre que he
teaches, she sings, etc…
Pour ces trois valeurs nous parlons de valeur générique.
Valeurs du présent simple en situation
Nous en avons deux exemples dans les énoncés 1 à 6, les énoncés 2 et 6.
En 2, le présent simple utilisé dans la séquence now that you ask me, permet de présenter l'événement
sans aucun point de vue. Il s'agit d'une information brute.
D'autre part, ask, comme forgive, give up, desire, declare et d'autres verbes encore (vous en trouverez
une liste plus complète dans la grammaire de P.Larreya et C. Rivière, Grammaire Explicative de
l'Anglais) fait partie des verbes qui peuvent avoir un usage performatif. Le terme 'performatif'
signifie que le fait d'énoncer implique la réalisation de l'événement : I forgive you - O.K, I give up,
etc…
En 6, nous avons des indications presque scéniques : l'énonciateur présente les événements dans leur
succession et leur globalité. C'est un usage que l'on trouve dans les pièces de théâtre, mais aussi dans
les romans avec présent de narration, comme c'est le cas ici. On prend en compte uniquement les
propriétés du verbe.
En situation, le présent simple peut aussi être utilisé lors de la présentation d'une recette, ou lors
d'indications pratiques pour réaliser ou construire quelque chose. Cet emploi est courant dans les
émissions de travaux manuels, de cuisine, ou lorsqu'on explique quelque chose à quelqu'un :
7 - Now, I take the cissors and the paper, and I cut the small bib for the little baby on my little
finger. Maybe you should ask an adult for this tricky bit.'
émission éducative sur BBC2, 1995.
Le présent simple est également employé lors de commentaires sportifs, matchs, compétitions.
Verbes d'état
Nous en avons un exemple dans l'énoncé 3 : le verbe like :
Il s'agit d'un verbe pour lequel on ne peut définir ni début ni fin. Il semble par conséquent logique
qu'il soit presque toujours à une forme simple et notamment au présent, temps qui permet de présenter
un événement dans sa globalité (s'il est possible de parler d'événement dans ce cas). Pour revenir à
l'exemple de like, soit on aime, soit on n'aime pas, mais il ne semble pas qu'il soit possible de prendre
en compte un moment particulier de la validation de celui-ci.
Nous résumons les différents emplois du présent simple :
Hors situation, il peut servir à référer à une vérité générale, une propriété ou une habitude du sujet.
En situation, il est utilisé pour présenter un événement de façon globale : information brute,
indications scéniques ou présent de narration, instructions et modes d'emploi, commentaires en direct.
3.1.2 - Le prétérit
1 – Everyone knew the party was for someone, but no one quite knew for whom. Almost
everyone in the room could have been useful to Gulzari Lal, so it was difficult to pick on
anyone in particular.
Ruth Prawer Jhabvala, Get ready for Battle.
2 – 'Oh, yes, very. But not tragic in any of the ways that popular belief makes her tragic. Her
tragedy was that she was born a Queen with the outlook of a suburban housewife. Scoring off
Mrs Tudor in the next street is harmless and amusing.
Josephine Tey, The Daughter of Time.
3 – 'Ah ,yes. I forgot your passion for faces. The Borghias had wonderful faces. I should think
they would provide a little mystery or two for you to dabble with if you looked them up.
Ibid.
Le prétérit simple, comme le présent simple, met directement en relation le sujet de l'énoncé et le
verbe. Nous retrouvons la valeur de base du présent simple — événement considéré dans sa globalité
— et une partie des différents emplois possibles : propriété ou habitude du sujet, information brute,
description d'une succession d'actions, verbes d'état, etc…
Mais la terminaison en ED ou la forme prétérit des verbes irréguliers marque la prise en compte d'une
rupture entre le moment d'énonciation et le moment d'énoncé (on parle aussi de décrochage). Cela
signifie que le moment d’énoncé et le moment d’énonciation sont totalement différents. Cette rupture
peut être :
1 – temporelle
2 – fictive.
Dans les énoncés 1 à 3 donnés ci-dessus, nous avons les deux types de rupture :
1 – rupture temporelle : dans l'énoncé 2, her tragedy was that she was born. Cet énoncé s'insère
dans une partie de dialogue et fait référence à des faits passés par rapport au moment de l'énonciation,
moment du dialogue. La relation prédicative est validée pour un moment antérieur à l'échange entre
les deux locuteurs. Le fait de valider la relation prédicative avec un verbe au prétérit indique que
l'énonciateur considère que l'événement auquel il réfère n'a aucune incidence sur le moment de
l'énonciation.
2 – rupture fictive : l'énoncé 1 est un début de roman, il fait partie d'un récit. Le prétérit est le temps
le plus souvent utilisé pour marquer une rupture fictive de type récit. Là encore, le moment de
l'énoncé n'a aucun rapport avec le moment de l'énonciation, mais il n'est en aucun cas question de
retour en arrière dans le temps. L'énonciateur crée un moment autonome, indépendamment du
moment de l'énonciation.
Dans l'énoncé 3, la dernière séquence est une condition, if you looked them up, au moment
d'énonciation, la relation prédicative qui constitue la condition n'est pas validée. Il n'y a aucune
assurance quant à sa validation même à un autre moment. L'énonciateur exprime son regret quant au
manque d'intérêt du sujet de l'énoncé pour le référent du complément du procès, them, les Borgias. Ce
n'est pas une offre pour s'y intéresser. Il y a une rupture.
Mais attention, il peut y avoir possibilité future par rapport à un moment d’énoncé, et concordance
des temps, comme dans cet énoncé extrait de la nouvelle de Kate Chopin, The Story of an Hour :
4 – She knew she would weep again when she saw the kind tender hands folded in death;
Il s'agit d'un récit, le temps utilisé est donc le prétérit. La séquence soulignée s'insère dans une
subordonnée et est introduite par le verbe know au prétérit. Si nous mettons cette phrase au présent :
4' - She knows she will weep again when she sees the kind tender hands folded in death;
nous retrouvons le présent à valeur de futur dans les subordonnées de temps en when, où il est fait
référence à la notion de see pour le sujet she, relation prédicative qui sera validée de façon sûre mais
pas au moment d'énonciation.
Le souhait s'exprime également au prétérit puisqu'il fait partie du fictif, et qu'il est en rupture par
rapport au moment de l'énonciation : I whish you came with us.
Une fois que le moment d'énoncé est identifié, nous retrouvons les mêmes valeurs qu'au présent
simple. Il n'y en a qu'une qui ne peut se retrouver au prétérit : la vérité générale. En effet, la
caractéristique même d'une vérité générale est d'être validable à tout moment, y compris au moment
d'énonciation. Or ce n'est pas possible avec le prétérit. Pour les valeurs génériques, il reste l'habitude
et les propriétés du sujet.
Valeurs génériques
Nous allons observer des énoncés dans lesquels la relation prédicative est validée pour une classe
(ensemble) d'instants en rupture par rapport au moment d'énonciation.
Référence à une habitude
5 – During the day, I looked for work. (…) Everyday, I went to the bulletin board in
Philosophy Hall where jobs were posted. But by the time I called, they had always been taken.
Siri Hustvedt, The Blindfold, 1992.
Dans cet énoncé extrait d'un roman, nous avons plusieurs marqueurs de fréquence : always, everyday.
La relation prédicative est donc validée dans la situation d'énoncé pour une classe d'instants. Il est fait
référence à une habitude du sujet.
Référence à une propriété
6 – He was a very pale man with a large handsome nose. He breathed loudly as he opened
the door and let me into a tiny, stifling room that smelled of cat.
Siri Hudstvedt, The Blindfold, 1992.
Cet énoncé extrait du même roman que l'énoncé 5, est une description d'un personnage, le référent du
sujet he, puis d'une pièce.
Valeurs spécifiques
La validation de la relation prédicative peut être repérée par rapport à une situation unique.
L'événement est alors présenté de façon globale sans que son développement soit pris en compte.
7 – A small handwritten notice announced the position: (…). A phone number appeared under
the name, and I called immediately. Before I could properly introduce myself, a man with a
beautiful voice gave me an address on Amsterdam Avenue and told me to come over as soon
as possible.
Siri Hustvedt, The Blindfold.
Tous les verbes soulignés (qui ont tous des procès bornés à gauche et à droite) font référence à des
événements uniques, les relations prédicatives sont validées à un moment particulier du récit. Il y a
des repères temporels explicites : immediately, before I could properly introduce myself.
Le relevé des repères explicites lors de l'analyse est essentiel à la compréhension du sens d'une forme
en contexte. Avant toute explication, il faut observer le texte et relever tous les marqueurs pertinents.
Un énonciateur peut également utiliser le prétérit pour prendre de la distance par rapport au contenu
d'une demande :
I hope I haven't disturbed you madam. You weren't asleep—were you? But I've just given my
lady her tea and there was such a nice cup over, I thought, perhaps…
Katherine Mansfield, The Lady's Maid.
Dans la séquence soulignée, nous avons le verbe be au prétérit précédé de there. Il s'agit d'une
prédication d'existence. Cette séquence est elle-même précédée d'un groupe verbal au present perfect.
Il s'agit d'un monologue, où l'énonciateur parle à la première personne, au présent. Si le début de
l'énoncé est I've just given my lady her tea, la suite devrait être and there is such a nice cup over. Or,
c'est le prétérit qui est employé. La rupture se situe au niveau de la prise en charge : l'énonciateur met
un peu de distance, grâce à la valeur de rupture du prétérit, entre la situation d'énonciation et ce qu'il
dit pour ne pas paraître trop incisif, trop assertif. Il est fréquent d'entendre I was wondering … alors
qu'en fait la personne se pose toujours la question au moment d'énonciation sinon elle ne l'énoncerait
pas.
Nous allons maintenant aborder les formes auxiliées, en commençant pas les formes aspectuelles be
+Ving et have+EN. Mais avant d'étudier ces formes complexes il faut se pencher sur les opérations
marquées par have et be.
4 – Have et Be.
Have et be correspondent en anglais à des emplois différents de ceux de avoir et être en français.
Have permet d'exprimer la possession, la propriété physique permanente ou non, mais aussi
d'introduire un procès sous forme nominale ou d'autres formes verbales :
1 - possession : he has a big house
2 – propriété physique :
permanente : He has brown hair
temporaire : I have a headache
3 – introduction d'un procès sous forme nominale : We had a nice walk.
4 – introduction d'une autre forme verbale : I had my hair cut
I have to leave
He has finished
Be permet de définir ou désigner, prédiquer l'existence, de décrire ou donner une propriété physique,
de prédiquer l'âge, de situer dans l'espace, et d'introduire un verbe :
1 – définir : This is a fruit
2 – donner une propriété physique :
permanente : She is tall
temporaire : She is thirsty (aussi appelée état interne)
4 – prédiquer l'âge : She is twenty-five
5 – prédiquer l'existence : Once upon a time there was a commander called Pott
6 – situer dans l'espace : The book you are looking for is on the shelf
7 – introduire une forme verbale : He is drinking
He was beaten
Be permet d'identifier un élément, on le définit, on identifie quelqu'un à son état interne (She is
hungry), à son âge, partie intégrante de la personnalité, on identifie un objet grâce au lieu où il se
trouve.
Have permet de situer, de localiser, un complément par rapport à un sujet. Avec have, dans la
relation S-V-C, le complément est repéré, localisé par rapport au sujet : dans He has a big house, le
complément est mentionné relativement au sujet. C'est le sujet qui est le centre de l'énoncé, comme
pour la mention de propriétés physiques permanentes ou temporaires. We had a nice walk, le sujet we
est le bénéficiaire de l'événement que l'on pourrait reprendre par We walked a lot. Avec l'introduction
d'une forme verbale, soit le sujet est la cause de la validation de <someone-cut-hair> he had his hair
cut raison pour laquelle il est difficile de dire *he had his finger cut, soit il est désigné comme le
bénéficiaire.
5 - Les aspects
5.1 - L'aspect en Be+Ving
Soit le passage suivant :
'I'm feeling like a policeman. I'm thinking like a policeman. I'm asking myself the question
that every policeman asks in every case of murder : who benefits? And for the first time it
occurs to me that the glib theory that Richard got rid of the boys to make himself safer on the
throne is so much nonsense. Supposing he had got rid of the boys. There were still the boy's
five sisters between him and the throne. to say nothing of George's two: the boy and the girl.
Josephine Tey, The Daughter of Time.
Nous avons souligné les verbes des séquences suivantes :
- I'm feeling like a policeman
- I'm thinking like a policeman
- I'm asking myself the questions that …
La détermination verbale est composée de : l'auxiliaire be conjugué et de la forme en ing des verbes
utilisés – feeling, thinking, asking.
Il est essentiel d'analyser la valeur de chacune de ces deux formes. Nous venons de voir que be
permet d'identifier. La forme en ing pourrait être assimilée à l'activité liée au verbe, (en ce sens,
swimming pourrait signifier la natation, running la course, etc…). Si nous reprenons ces deux valeurs
et les associons, nous obtenons l'identification d'une activité pour le sujet de l'énoncé à un
moment précis. Ce moment peut être le moment d'énonciation, ou un moment en rupture, au prétérit,
par exemple. Donc contrairement aux formes simples, la forme en Be+Ving n'est pas autonome, elle
est reprérée par rapport à un moment précis, pour un sujet particulier. Elle ne peut (à part dans
certaines conditions particulières) être indépendante et valable pour plusieurs moments. Ce repérage
par rapport à un moment précis impose qu'il y ait un repère.
Revenons à nos trois séquences du début de cette partie :
I'm feeling like a policeman. I'm thinking like a policeman. I'm asking myself the
questions…
Nous pouvons d'ores et déjà dire que l'énonciateur, ici locuteur, puisque nous avons un dialogue,
identifie les activités associées à feel like a policmean, think like a policeman et ask questions like a
policeman à son activité dans la situation où il les énonce. Les formes sont donc repérées dans la
situation d'énonciation par le locuteur lui-même. Ce qui est presque toujours le cas dans un dialogue.
Mais ce qui est intéressant ici, c'est le caractère temporaire, éphémère, de l'événement désigné par la
forme en be+Ving :
Le sujet I dit "si on regarde les faits à la façon d'un policier, ce qui est l'activité à laquelle je me livre
en ce moment, alors on ne peut que douter". Il ne dit pas "je suis un policier" (comme ce serait le cas
avec la forme simple, I feel like a policeman), mais "j'agis comme un policier, je regarde les faits,
voilà ce que je fais". Nous avons une valeur de qualification.
Il peut également s'agir d'une valeur d'actualisation par rapport à un repère explicite ou implicite où
il n'est pas forcément question d'activité en cours :
- Look ! He's running.
L'impératif look, indique que la situation d'énonciation est le repère.
- When the telephone rang, they were having dinner.
La situation repère est construite par when the telephone rang.
Compatibilité avec un ensemble de moments:
- But it's always boiling before my lady is half through.
Katherine Mansfield, The Lady's Maid.
Cette fois nous avons un ensemble de moments désignés par before my lady is half through qui
repèrent chacun l'occurrence de la relation prédicative de la proposition principale <kettle-boil>. Cela
peut amener à une valeur péjorative.
Il peut également s'agir d'un repère futur :
- My train is leaving at 6.
La situation de départ est sûre, établie, et on y repère l'heure de départ du train. On trouve également
when are you leaving ? Alors que My train leaves at 6 a une valeur purement informative, du type
prise de renseignement sur des horaires. Cela pourrait se traduire par : Je prends le train de 6 heures.
Uitlisation de la forme en be+Ving avec certains verbes d'état :
- You are being stupid.
Ici, on qualifie l'activité du sujet. En français on pourrait gloser cet exemple par : Tu fais l'idiot, tu
joues à l'idiot. On ne le traite pas d'idiot, le jugement est temporaire.
Et voici un énoncé réel entendu lors des interviews du festival de Cannes 2002 :
- journaliste : Etes-vous contente d'être à Cannes cette année ?
(Traduction par oreillette non retransmise)
- Sharon Stone : Oh, yes ! It's very nice to be here, I'm liking Cannes and the festival a lot.
Like+Ving ne signifie pas ici aimer ou ne pas aimer mais apprécier, prendre plaisir à, il se rapproche
du sens de enjoy. Repères essentiels, here (relatif à la situation d'énonciation) et la valeur appréciative
a lot indiquent bien qu'il s'agit du point de vue du locuteur à un moment précis. Sharon stone ne dit
pas qu'elle aime le festival, elle dit que cette année, c'est bien.
Valeur modale de la forme en Be+Ving
Dans certains cas, la détermination du verbe par Be+Ving marque un jugement, une appréciation de la
part de l'énonciateur :
- You are always complaining.
Où il s'agit bien de plusieurs moments pour lesquels l'énonciateur identifie le comportement du
référent du sujet I et le qualifie de complaining. Always sera toujours accentué dans ce cas-là,
montrant bien qu'il ne s'agit pas d'un simple constat mais d'une appréciation de l'énonciateur et en
l'occurrence ici d'une exagération : Tu passes ton temps à te plaindre.
- You are always loosing your keys pourrait se traduire par il faut toujours que tu perdes tes clés.
5.2 - L'aspect en Have-en ou aspect d'accompli
Some reports say that anti-aircraft fire has been turned against the statues. But Bamiyan is
one of the world's most inaccessible places, particularly so since it became a battlefield in the
war of attrition between the Taliban and the Northern Alliance that resists them from the small
part of country it still controls. So it is hard to know how badly the Buddhas are damaged.
What is even more mysterious is why the Taliban have decided to pick a fight just now.
Perhaps they just want to show that they are again firmly in control of Bamiyan, which they
briefly lost earlier this year. It is more likely, though, that the statues are victims of the
Taliban's rage at failing in their bid to win international acceptance.
Extrait de The Afghan iconoclasts, The Economist, March 10, 2001.
Les deux séquences soulignées contiennent des verbes déterminés par un aspect parfait, aspect
d'accompli ou have-en. Cet aspect est composé de deux opérateurs : have et en, la marque du participe
passé. Nous avons vu que have permettait de situer. Le participe passé d'un verbe indique que l'action
a été accomplie d'un bout à l'autre. 'Parfait' signifie ‘fait de part en part’ ou 'terminé'.
Nous pouvons alors dire que l'aspect have-en indique la prise en compte d'un procès achevé dans une
situation particulière. Comme pour l'aspect en Be+Ving, il s'agit d'une forme repérée, qui ne peut être
autonome. Mais alors qu'avec l'aspect en be+Ving on s'intéresse à l'activité, avec l'aspect parfait on
s'intéresse au résultat. Ce résultat est pris en compte dans la situation d'énonciation si le verbe est au
présent, dans une situation en rupture avec la situation d'énonciation si le verbe est au prétérit. Il s'agit
d'un regard en arrière à un moment précis. Le present perfect est un temps (tense) du présent, le
pluperfect est un temps du passé.
Les repères dans le texte ci-dessus sont assez explicites; nous avons souligné les deux séquences
suivantes :
1 – anti-aircraft fire has been turned against the statues
2 – the Taliban have decided to pick a fight just now
Sur chacun de ces deux verbes, nous avons une détermination par have-en. Ce sont deux verbes dont
les procès ont un début et une fin.
Dans ce texte, l'énonciateur prend en compte des résultats, au moment d'énonciation. Nous en avons
des indices dans le texte : So it is hard to know how badly the statues are damaged. Ce qui importe à
l'énonciateur c'est le bilan de l'attaque aérienne, l'ampleur des dégâts au moment de l'écriture. En ce
qui concerne la seconde séquence, nous sommes, au moment d'énonciation (en l'occurrence le 10
mars 2001, puisqu'il s'agit d'un article de presse), en pleine bagarre avec les Talibans à propos des
boudhas. La décision a été prise et a une conséquence alors que les lecteurs découvrent l'article: il y a
une bataille entre l’occident et le moyen-orient.
Avec l'aspect en Be+Ving l'énoncé était centré sur le sujet de l'énoncé et son activité à un moment
précis, avec l'aspect en have-en, il est centré sur le sujet, ou l'objet, qui sont bénéficiaires. Il est
d'ailleurs intéressant de remarquer qu'avec la première séquence, l'énoncé étant à la voix passive —
anti-aircraft fire has been turned against the statues— celui-ci est centré sur le sujet de la phrase mais
pas sur le sujet réel de la relation prédicative, celui-ci n'étant pas énoncé. Avec la voix passive et la
forme en have-en, il y a une double focalisation (ou mise en valeur, en évidence) sur l'objet.
Cette valeur du present perfect (et par conséquent du pluperfect) a des conséquences importantes sur
son utilisation, très différente de celle du passé composé en français qui, lui, est un temps du passé.
Voici quelques pièges à éviter :
- le procès est repéré par rapport à une situation en rupture avec TO.
* I have lost my wallet yesterday evening/ ten years ago/ in 1973.
* I have lost my wallet, but fortunately someone found it.
Voici par contre une liste d'adverbes qui favorisent l'emploi de HAVE-EN :
He has not arrived yet
Everything has been all right so far.
Have you ever seen John ?
Il y a en effet une grande compatibilité entre la valeur de prise en compte d'un résultat dans une
situation particulière et le parcours d'une classe de situations marqué par les adverbe yet, ever, so
far.
Have you already finished ?
I’ve just read War & Peace.
Cet emploi est obligatoire lorsqu'on mentionne une durée dans le passé qui continue dans le présent.
Voici une mise en regard de deux façons différentes de référer au même événement selon que l’on
prend en compte un moment en rupture par rapport à To ou que l’on dresse un bilan en To.
He got up five minutes ago ≈ he has been up for five minutes
He came back one hour ago ≈ he has been back for one hour
He died last week ≈ he has been dead for a week.
He was released on Friday ≈ He has been free since Friday.
I’ve lived in Paris for 5 months.

I lived in Paris for 5 months (in 1998)
Pour analyser un aspect parfait en contexte, il faut chercher la situation repère et mettre en évidence le
résultat qui y est pris en compte, qu'il s'agisse d'un present perfect ou d'un pluperfect.
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