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Ressources d’histoire américaine en ligne

Articles et documents d’histoire américaine des origines à nos jours.

Mise à jour: 13 octobre 2006.

Vous trouverez ici des liens vers des articles et des documents d’histoire américaine disponibles en ligne. Cette page est mise à jour périodiquement. Ces ressources sont utiles aussi bien pour les cours de tronc commun que pour les complémentaires.

Cette page est une sélection de ressources en ligne en histoire américaine. Elle n’a rien d’exhaustif et a vocation à évoluer.
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— Article recommandé du mois : Un article très drôle de Corinne Lesnes dans le Monde du 10 janvier 2007 : De la re-création de l’Amérique

"Vous êtes-vous jamais demandé ce que Napoléon aurait pensé des banlieues ? Comment Talleyrand aurait géré la crise du Pakistan ? Probablement pas. Le passé est mort et enterré. Traversez l’Atlantique. Le passé est présent. Les Américains l’interrogent. Comment feraient les Pères fondateurs aujourd’hui ? "Chercheraient-ils à répandre la démocratie dans le monde" ? "Professeraient-ils le créationnisme" ? "Seraient-ils favorables à la peine de mort" ?

Depuis quelques années, les Américains sont pris de ferveur pour leurs fondateurs. "On se dit que, si quelqu’un est censé savoir comment les Etats-Unis devraient fonctionner, cela ne peut être qu’eux", explique l’historien conservateur Richard Brookhiser, qui vient de publier un livre (What Would The Founders Do ?) répondant aux questions ci-dessus et à d’autres parfaitement saugrenues. Plusieurs dizaines de livres ont été publiés sur les héros de l’Indépendance. La plupart sont des succès de librairie. On y trouve les questionnements de la fin du XVIIIe et leur écho dans le débat d’aujourd’hui : la religion et l’Etat, le pouvoir exécutif et ses limites. Les premières lois d’exception datent de 1798, deux cents ans avant le Patriot Act. Les ennemis étrangers de l’époque étaient les Français (le "freedom fighter" La Fayette était déjà reparti à Paris et pas encore revenu pour sa tournée triomphale de 1824).

Jusqu’ici, les fondateurs étaient des statues gravées dans le marbre. On les redécouvre mortels, vindicatifs, ambitieux. En campagne pour l’élection de 1800, Jefferson finançait en sous-main des pamphlets calomnieux contre ses adversaires. Même le "mouton noir" Aaron Burr a fait l’objet de deux biographies. Burr était un vice-président de choc. En 1804, il a tué l’ancien ministre des finances Alexander Hamilton dans un duel.

L’époque était aux intrigues, à la création des partis. Les commentateurs d’aujourd’hui sont envieux. Comment les fondateurs ont-ils fait, à une époque de polarisation pareille, pour réussir à mettre en place des institutions inédites quand le 110e Congrès élu n’arrive même pas à réformer l’assurance-santé ?

Alexander Hamilton, un génie de la finance, était le "fondateur oublié". Les années Bush l’ont réhabilité. Alors que Jefferson rêvait d’agriculture, Hamilton voyait une puissance industrielle et bancaire, avec un gouvernement fort. Il est devenu pour la droite ce que Jefferson est aux démocrates : "Le père de l’Amérique moderne". Les "hamiltoniens" - dont David Brooks du New York Times - sont favorables à la loi du marché, mais ils estiment que le gouvernement doit fournir aux individus les moyens de s’y intégrer. Ce sont les nouveaux républicains.

Dans un pays qui se passionne autant pour l’immédiat, ce retour sur le passé est quasiment inquiétant : quel est ce soudain questionnement ? Est-ce un signe de déclin ? De vieillissement ? Peut-être est-ce surtout un effet du bouillonnement actuel. Ebranlés par les années Bush, les Américains cherchent des réponses, autant qu’ils se cherchent. Ils reviennent aux origines, comme le font ceux qui ne savent plus tout à fait qui ils sont. L’heure est à la re-création.

Le revival des Pères fondateurs n’a pas échappé à la campagne électorale. Ouvre-t-on sa télé à Des Moines, dans l’Iowa ? Voilà Mike Huckabee, le populiste baptiste (et bassiste), qui affirme que les fondateurs étaient "pro-life", c’est-à-dire contre l’avortement. N’est-ce pas ce que Jefferson a "voulu dire", demande benoîtement le pasteur, lorsqu’il a écrit que "tous les hommes ont été créés égaux" ? Les conservateurs essaient d’ancrer leur religion dans la Fondation. Non sans succès : 55 % des Américains croient que la Constitution de 1787 a instauré une "nation chrétienne". C’est inexact. Dieu ne figure pas dans le texte. "Les fondateurs auraient trouvé la religiosité de notre vie politique moderne tout à fait odieuse", affirmait fin décembre 2007 le chroniqueur David Ignatius.

A des degrés divers, les candidats proposent de changer le "système". Le républicain Ron Paul, devenu à 71 ans la coqueluche des jeunes radicaux, veut abolir la Réserve fédérale. Un débat tellement 1790 ! Jefferson était contre la création de la banque centrale. Hamilton était pour. Le débat, dit-on, a été tranché par un dîner chez Jefferson. Les Virginiens ont accepté la banque et obtenu en contrepartie le siège du gouvernement (et c’est comme cela que la capitale s’est retrouvée sur les bords du Potomac).

Pour l’historien Joseph Ellis, auteur du tout récent American Creation, les Américains ont du mal à se résoudre à ne pas obtenir de réponse de leurs héros. Ils n’aiment pas que "le passé soit un monde perdu à jamais". Lui-même a été interrogé en décembre par le Washington Post : "Qu’est-ce que George Washington aurait pensé de l’Irak ?" Il a opté pour l’honnêteté : "Il n’aurait même pas trouvé l’Irak sur une carte."

Et les primaires ? Qu’en auraient pensé les fondateurs ? Qu’auraient-ils dit de ce mélange de promesses révolutionnaires, de sondages en tous sens, de guitare électrique et de sponsors à millions ? "Ils auraient regardé quiconque réussit dans notre cirque électoral contemporain comme un clown indigne d’être élu", affirme Joseph Ellis. On parierait l’inverse. Débats, coup bas, excès médiatiques : les fondateurs auraient a-do-ré..."

Corine Lesnes
Article paru dans l’édition du 10.01.08.

- Le numéro 87 de la revue de la BDIC de Nanterre, Matériaux pour l’histoire de notre temps, n°87, juillet-septembre 2007 (14€), "Retour sur les Sixties. Les Etats-Unis des années 1960", qui devrait être sur les rayons de la BU (PRESENTOIR : 94 MAT et ensuite cote ZP 149) et en vente à la BDIC.
Des articles courts et intéressants constituent ce numéro sur des sujets aussi variés que Lyndon B. Johnson, le Black Power, la peine de mort, l’immigration, Hollywood etc.

-Le dossier du New York Times Class Matters - Social Class in the United States of America.Sur les Etats-Unis aujourd’hui, éclairant un thème important de l’histoire des Etats-Unis au XXe siècle, l’excellente série d’articles du New York Times sur la transformation et la persistance des distinctions de classe aux Etats-Unis en dépit des discours qui en ont annoncé le recul ou la disparition. Sur plusieurs thèmes, le mariage, la mobilité sociale, la religion, l’immigration, la santé ou la culture, la série "Class Matters" met en valeur des parcours individuels et des analyses sociologiques et économiques qui montrent l’importance des distinctions de classe dans les Etats-unis d’aujourd’hui.
Le dossier est accompagné de nombreux graphiques interactifs, comme celui-ci sur la mobilité sociale de 1988 à 1998 qui est très parlant.

Une ressource très utile est le Magazine of History publié par l’Organization of American Historians (OAH) qui édite aussi le Journal of American History, qui lui n’est pas en ligne. Les numéros antérieurs à 2001 sont intégralement consultables et téléchargeables en ligne. Parmi les plus récents, ils le sont en partie.
Cette revue est à destination des enseignants et des étudiants, des spécialistes faisant le point avec des articles courts dans le cadre de numéros thématiques comme :
African-American History (1993)
Labor History (1997)
The Great Depression (2001)
L’intégralité de la collection est disponible sur papier à la BU (Salle des périodiques, Cote ZP 187).

Le Journal of American History est disponible sur papier à la BU et on peut y consulter en ligne tous les numéros jusqu’à 1999. La BU a aussi le William and Mary Quarterly, sur papier et un accès en ligne depuis les postes de la BU. Sur papier, The American Quarterly et de nombreuses autres revues de cultural studies, sociologie ou science politique portant en tout ou en partie sur les Etats-Unis. Il est généralement possible d’accéder au sommaire des revues depuis n’importe quelle connexion Internet, même lorsque les articles eux-mêmes ne sont pas accessibles en ligne ou alors seulement depuis un poste de la BU, qui a souscrit un abonnemment en ligne à ces revues.

La revue en ligne Transatlantica, publiée par l’Association Française d’Etudes Américaines propose des numéros thématiques très utiles (sur le New Deal, les transformations du travail, la Jeune République ou le 11 Septembre par exemple).

Côté américain, le site de la revue en ligne History Now est lui aussi très utile et très complet. La revue publie des numéros thématiques (Lincoln, Immigration, Women’s Suffrage etc.)

Le site The History Cooperative est un portail qui donne accès à de nombreuses revues américaines d’histoire, certaines consultables directement d’autres avec abonnement.
L’ensemble des articles de The American Historical Review, y est désormais accessible ainsi que The History Teacher, ou encore History Matters (Annotated guide to best U.S. history websites.).
The [History Teacher->http://www.historycooperative.org/htindex.html] est très utile pour la méthodologie et pour des questions plus générales sur l’histoire, vue du point de vue des étudiants aussi bien que des enseignants. Vous pourrez y apprendre comme des historiens, en lisant l’article de Patrick Rael, "What Happened and Why ? Helping Students Read and Write Like Historians" dans le numéro de novembre 2005.

Vous trouverez aussi des documents nombreux sur le site de la Bibliothèque du Congrès, en particulier les expositions thématiques de la série American Memory, très richement illustrées.

De même les expositions en ligne sur le site de National Archives sont très bien faites, ainsi que celles du Smithsonian Insitution. Sur le site des National Archives, en plus des documents célèbres de l’histoire américaine, vous pourrez voir aussi bien des expositions sur l’histoire de Noël aux Etats-Unis que sur la rencontre célèbre entre Nixon et Elvis Presley : When Nixon Met Elvis.
Et une riche exposition sur la contribution des artistes au New Deal, "A New Deal for the Arts"

Vous trouverez toutes les statistiques possibles sur la population et l’économie des Etats-Unis sur le site du Bureau of the Census, notamment ses statistiques historiques.

Parmi les nombreux sites qui proposent des documents en ligne, un est particulièrement riche, DocSouth qui fournit en ligne des textes intégraux, y compris de manuscrits et de livres complets sur le Sud.

Un autre mérite d’être signalé, History Matters, qui fournit à la fois des documents et des points de connaissance sur l’histoire américaine.

Tony Waters, : "Why Students Think There Are Two Kinds of American History" Où l’on peut voir que les étudiants américains se posent souvent les mêmes questions que les étudiants français, notamment celle-ci : pourquoi y a t’il "deux sortes d’histoire" (au lycée et à l’université) ?

Il y aussi des documents en ligne sur le site de l’UFR, qui concernent un enseignement spécifiquement mais peuvent intéresser au-delà.
Les discours de politique étrangère du séminaire de Master 1 de M. Pierre Guerlain sont accessibles en ligne ici.