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Agrégation 2013 : Programme officiel

Agrégation externe d’anglais

Mise à jour: 22 décembre 2011.

Publié en ligne en décembre 2011 : lien

Écrit : tronc commun

I - Littérature

  1. William Shakespeare. Measure for Measure. Ed. J.W. Lever. Londres, Arden Shakespeare (Cengage Learning), 2008. (N.B. Même édition pour l’écrit et l’oral)
  2. William Wordsworth & Samuel Taylor Coleridge. Lyrical Ballads [1798], Volume one (pp. 47-166). Londres, Routledge Classics, 2005.
  3. Charles Dickens. A Tale of Two Cities [1859]. Ed. Andrew Sanders. Oxford, Oxford, Oxford World’s Classics, 2008.
  4. Ernest Hemingway. Fiesta : The Sun Also Rises [1927]. Londres, Arrow Books, 2004. Film de Henry King (1957).
  5. Philip Roth, American Pastoral [1997]. New York, Vintage Books, 1998.

II - Civilisation

1 - La décolonisation britannique (1919-1984)

Si l’Empire britannique, au Traité de Versailles de 1919, émerge de la Première Guerre mondiale plus vaste que jamais, il est aussi devenu un ensemble plus complexe, où se dessinent plusieurs failles structurelles
et conjoncturelles. Les territoires qui le composent (dominions, protectorats, colonies, mandats...) entretiennent avec la métropole des relations politiques, économiques et culturelles aussi distinctes que la nature, les formes et les rythmes des mouvements politiques et sociaux qui s’y expriment déjà. Moins de soixante-dix ans plus tard, l’Empire britannique n’est plus. Si la rétrocession de Hong Kong n’a lieu qu’en 1997, l’accord sino-britannique est signé en 1984, année où Brunei Darussalam célèbre son indépendance et rejoint un Commonwealth des Nations qui n’est plus seulement l’héritier de l’Empire. Les contrastes spatiaux et temporels des décolonisations britanniques sont saisissants. L’indépendance totale des
dominions par le Statut de Westminster en 1931 ou encore la fin de l’Empire des Indes en 1947 ont lieu alors même que l’œuvre de colonisation britannique se poursuit en Afrique, dans les Caraïbes ou dans les îles du Pacifique. Le « vent du changement », évoqué par Macmillan en février 1960, émerge de contestations bien antérieures, tandis que ce n’est qu’en 1980 que naît un Zimbabwe indépendant sous un gouvernement de majorité noire. Au-delà du moment court de l’indépendance (rédaction des constitutions,
signatures des traités, cérémonies), il s’agira de réfléchir à l’histoire longue des dynamiques impériales où les décolonisations trouvent leur ferment. Ce sujet s’intéresse ainsi à la place que les décolonisations occupent dans l’histoire politique britannique entre 1919 et 1984 et aux interprétations que l’histoire des décolonisations propose des sociétés de l’(ex-) Empire, des nouveaux multilatéralismes et de la puissance britannique en redéfinition. C’est aux moteurs de cette transformation – nationale, régionale, internationale et globale – que ce sujet invite à réfléchir, à partir de quatre grandes questions que soulèvent les débats historiographiques.

A. Mouvements politiques et sociaux en métropole et dans l’Empire

La nature et le rythme des indépendances sont en partie le fruit de la mobilisation d’acteurs individuels et collectifs qui, en Grande-Bretagne et dans l’Empire, tentent de perpétuer, de réformer ou de mettre fin à
l’administration britannique. Il ne s’agit pas ici de verser dans une histoire évènementielle mais de dégager les forces politiques, courants intellectuels et mouvements sociaux à l’échelle nationale, coloniale et impériale. La circulation des personnes et des idées entre la métropole et l’Empire, et entre les territoires mêmes de l’Empire sera précieuse pour évaluer l’influence des peuples et des élites. On examinera ainsi l’émergence et l’influence des revendications anticoloniales à travers l’Empire (partis et leaders nationalistes, mouvements syndicaux, organisations étudiantes...), le rôle des élites britanniques (gouvernement, Whitehall, partis politiques, sociétés savantes, lobbys financiers, administrateurs dans l’Empire...), les rivalités au sein des territoires (entre colons et populations locales, entre communautés ou groupements politiques) et le poids des débats publics en Grande-Bretagne. Une réflexion sur les concepts d’identité, de territoire, d’État-nation, de souveraineté, de frontières (des partitions aux fédérations),
éclairera les moteurs et modalités de la décolonisation ainsi que les rapports de force dans la gestion politique et constitutionnelle des transferts de pouvoir.

B. Conflits armés et bouleversements structurels

S’il est généralement admis que les répercussions de la Grande Guerre, l’expérience de la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, et la crise de Suez doivent être au cœur d’une réflexion sur les décolonisations, l’importance de ces conflits doit être nuancée en fonction des régions, voire des territoires, de l’Empire. L’étude des soulèvements, dès l’apogée territoriale de l’entre-deux-guerres, des révoltes et insurrections (Malaya, Chypre, Kenya...) et des violences qui accompagnent les transitions (Inde/Pakistan, Palestine...) permettra d’interroger la vision persistante d’une décolonisation britannique « pacifique » dans d’autres régions. La guerre des Malouines en 1982 invite, sur la fin de la période, à réfléchir à la redéfinition de la puissance d’une Grande-Bretagne dont l’Empire n’est plus. Ces conflits interviennent au cours d’un XXe siècle qui voit des changements structurels fondamentaux s’opérer (reconfiguration de l’économie
internationale et des échanges, redéfinition de la production, modifications démographiques...). Ces transformations nationales et internationales exercent également une influence sur les stratégies politiques des décolonisations et retiendront l’attention.

C. Nouveaux multilatéralismes et redéfinition de l’ordre international

La fin de l’Empire britannique est indissociable des nouvelles relations internationales qui s’affirment au XXe siècle. La longueur même de la décolonisation britannique porte à mesurer l’influence que les nouveaux États ont pu exercer sur le retrait britannique d’un Empire qui s’amenuisait. Tout au long du siècle, le Commonwealth, britannique puis des Nations, s’affirme comme un objet fondamental pour penser les décolonisations. Vecteur d’une puissance britannique qui tente de se maintenir, représentant des dominions blancs, il devient progressivement un accélérateur des processus de décolonisation, représentatif d’une diversité multiraciale, notamment après la création de son secrétariat en 1965, où les politiques britanniques en matière de décolonisation sont l’objet de crises diplomatiques aiguës (Afrique du Sud, Rhodésie....). Après 1945, il conviendra également d’attacher une importance particulière à l’influence
que l’Organisation des Nations Unies, le mouvement des non-alignés, le panafricanisme ou encore les organisations continentales et régionales qui luttent contre le colonialisme ont pu exercer dans les dynamiques de la décolonisation britannique. Le contexte international permettra aussi de distinguer fin du colonialisme et fin des pratiques impériales et de s’interroger sur le concept même de « décolonisation ». On pourra ainsi analyser, au-delà de « l’indépendance du drapeau », les stratégies britanniques d’affirmation d’intérêts politiques, économiques et stratégiques, voire culturels.

D. Perspectives croisées des décolonisations européennes

Au cours de la période, la décolonisation britannique, de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique, des Caraïbes aux îles du Pacifique, devra être replacée dans le contexte des autres décolonisations européennes – particulièrement française, portugaise et néerlandaise. Alors que l’historiographie actuelle souligne l’importance d’une approche globale et transnationale des décolonisations, il est essentiel d’examiner les influences mutuelles qui s’exercent entre les empires et entre les acteurs multiples des décolonisations. Il n’est absolument pas question de se livrer à une étude détaillée des décolonisations européennes, mais d’éclairer continuités et ruptures, similitudes et disparités : temporelles, géographiques, politiques et
économiques, afin de s’interroger sur les ressorts et les spécificités de l’expérience britannique des décolonisations.

2 - Révoltes et utopies : la contre-culture américaine des années soixante

Malgré quelques voix dissonantes, les années cinquante avaient constitué aux États-Unis une période de relative harmonie sociale et de consensus culturel. Mais avec l’entrée à l’université de la génération issue du baby-boom, un nouvel état d’esprit se dessine progressivement. Les enfants de la classe moyenne blanche, plus ou moins directement inspirés par les expériences littéraires et philosophiques de la Beat Generation, commencent à remettre en question les valeurs et les pratiques de leurs parents, celles de l’Amérique mainstream. Ce qui avait débuté, avec l’émergence de la musique rock, par une timide évolution des goûts artistiques se transforme alors en une critique globale de la société. La jeunesse devient le moteur du changement et se place au centre de la vie culturelle et bientôt politique et économique du pays, contestant les hiérarchies établies, rejetant les contraintes de tous ordres.

Cette période de bouleversements culturels, politiques et sociaux sans précédents, auquel l’ouvrage de Theodore Roszak, The Making of a Counter Culture (1968) a donné son nom, se caractérise par deux phénomènes complémentaires : une vague de contestation d’ordre social et politique et l’émergence de nouvelles pratiques culturelles. La contestation porte entre autres sur les pratiques consuméristes qui fondent l’organisation capitaliste du pays et met en place les prémices du mouvement environnementaliste. Elle concerne par ailleurs les différentes minorités ethniques, qui se radicalisent progressivement : les communautés africaine-américaine (Black Power), amérindienne (Red Power) et mexicaine-américaine (Brown Power). L’époque est également marquée par le renouveau d’un féminisme (Women’s Lib) qui se conjugue aux revendications de la communauté homosexuelle. Plus encore, la guerre du Viêt Nam, après avoir recueilli l’approbation de la majorité des Américains, fait l’objet d’une critique virulente qui touche l’ensemble de la population. La vie politique américaine se durcit sous l’influence d’une « Nouvelle Gauche » militante, voire radicale, du Port Huron Statement (1962) jusqu’aux bombes des Weathermen, en passant par de violentes manifestations sur les campus universitaires et la remise en cause d’une recherche scientifique dédiée au complexe militaro-industriel.

En parallèle, de nouvelles pratiques artistiques et sociales apparaissent. Elles s’articulent autour de pratiques spécifiques (musique rock, bandes dessinées, Pop Art, théâtre de rue, happenings, cinéma expérimental), de nouvelles modalités de rapports humains (révolution sexuelle, mouvements hippie et yippie, communes), et d’expérimentations avec les drogues (marijuana, LSD) que relaient les nouveaux médias (presse underground, fanzines, nouveau journalisme).

Pourtant, les contradictions ne manquent pas et il faudra s’interroger sur les limites et les ambiguïtés d’une période qui voit la musique populaire devenir une industrie de masse, l’amour libre déboucher sur la pornographie et la critique de la société de consommation régénérer Madison Avenue. Par ailleurs, si la contre-culture s’avère très médiatique, elle ne concerne qu’une fraction relativement modeste de la population, en termes d’âge, de classe sociale, de groupe ethnique ou de localisation géographique. Il conviendra également de s’interroger sur les interprétations contradictoires auxquelles elle a donné lieu, au sein de la droite conservatrice comme de la gauche radicale : s’agit-il d’une véritable révolution ou d’un simple moment de récréation hédoniste ? Comment cette période s’insère-t-elle dans la tradition démocratique américaine et au sein d’une histoire marquée par les rébellions et les utopies religieuses et sociales ?

La période concernée s’étend de la fin des années cinquante (émergence d’Elvis Presley sur la scène nationale, mise au point de la pilule contraceptive en 1956, influence de films comme Rebel Without a Cause [1955], etc.) jusqu’aux premières années de la décennie soixante-dix, lorsque le mouvement s’essouffle et change de nature, avec le départ des derniers Américains du Viêt Nam (1975) et l’intensification des violences raciales et politiques.

III - Linguistique

a) Phonologie

Bibliographie

- Jones, D. (dir. P. Roach, J. Setter & J. Hartman) English Pronouncing Dictionary, 17ème édition. Cambridge, Cambridge University Press, 2006.
- Wells, J. C., Longman Pronunciation Dictionary, 3ème édition. Londres, Longman, 2008.

b) Grammaire

Les questions ne s’appuient pas sur un programme.

Oral

I - Épreuves à option

Le programme des options A et B est constitué par le programme des épreuves d’admissibilité auquel s’ajoute, pour chaque candidat, le programme ci-dessous correspondant à l’option A ou B qu’il a choisie au moment de l’inscription :

A - Littérature

- Ben Okri. The Famished Road. [1991 Jonathan Cape]. Londres, Vintage Books, 2003.
- Tom Stoppard, Arcadia. Londres, Faber and Faber, 1993.

B - Civilisation

Adam Ferguson, An Essay on the History of Civil Society [1767], ed. Fana Oz-Salzberger. Cambridge, Cambridge University Press, 1995.

C - Linguistique

a) Commentaire de texte : épreuve hors programme. Dans son commentaire, le candidat devra traiter un sujet choisi par le jury et il pourra aussi, s’il le souhaite, consacrer une partie de son exposé à tout phénomène linguistique représenté dans le texte.

b) Leçon : dans le cadre du programme ci-dessous, il est demandé au candidat de répondre à une question d’ordre théorique ou de discuter une ou plusieurs affirmations de linguistes tout en illustrant son argumentation à l’aide d’exemples tirés d’un corpus d’anglais contemporain qui lui sera fourni lors de la remise du sujet. Des connaissances théoriques sont attendues.

L’ellipse et l’anaphore.

II - Épreuves communes

Lors de la préparation de l’épreuve hors programme en anglais, les candidats auront à leur disposition :
- Dictionnaires unilingues anglais et américain.
- The Encyclopaedia Britannica.

NB - Les éditions sont données à titre indicatif.

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