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Programme des années précédentes

Groupe Culture/Cultures

Mise à jour: 5 juillet 2010.

Calendrier 2009-2010

- 19 octobre : Jean-Jacques Lecercle : « Deleuze et les sociétés de contrôle » (« Postscriptum sur les sociétés de contrôle », Pourparlers, pp. 240-7)

- 23 novembre : François Cusset / Thierry Labica : autour de Raymond Williams, Culture et matérialisme (1921-1988), récemment paru en traduction française aux Prairies Ordinaires.

Comme pour d’autres théoriciens de langue anglophone, cette parution pourra d’abord être l’occasion de s’interroger sur le retard avec lequel, en France, la pensée critique accueille un auteur d’une importance aussi considérable que Raymond Williams, théoricien marxiste de la culture de stature, à vrai dire, canonique dans le monde anglophone.

Cette séance nous permettra de revenir sur les axes conceptuels développés chez Williams (hégémonie, résiduel/dominant/émergent, structure of feeling, matérialisme culturel) dans le cadre d’une critique et d’un renouvellement de l’héritage théorique marxiste sur les terrains de la culture et de l’esthétique.

Nous y aborderons également la question des liens aussi nombreux que complexes et contradictoires qui unissent l’œuvre de Williams au vaste champ disciplinaire des Cultural Studies et des enjeux politiques et théoriques qui s’y sont noués au cours des trente dernières années.

- 14 décembre : Véronique Rauline : Felix Guattari, Les années d’hiver (1980-1985).

Heure/lieu : 17h30 – E 302

Cette séance sera l’occasion de présenter et de discuter la pensée de Félix Guattari, à partir du recueil Les Années d’hiver 1980-1985, réédité cette année. L’étude de ces textes, et en particulier de la postface, servira de point de départ à une exploration des outils théoriques de Guattari, avec ou sans Deleuze : machines désirantes, agencements machiniques ou schizo-analytiques, agencements collectifs d’énonciation, a-signifiance active, devenir(-révolutionnaire), etc.

Si les questions que pose Guattari dans sa postface restent bien d’une brûlante actualité, on cherchera à voir en quoi les réponses qu’il esquisse, les directions qu’il pointe, ici et à travers son oeuvre, peuvent nous aider à comprendre et transformer notre présent, cet hiver encore plus rude que Guattari n’excluait pas après la première vague de froid néo-libéral en France, au début des années 80, alors que la gauche arrivait au pouvoir.

Cette lecture se propose plus précisément de réfléchir aux apports possibles de Guattari (et Deleuze) pour repenser les contours et pratiques d’une discipline, la linguistique, et déconstruire les discours dominants contemporains dans et sur l’Université, en démasquer les rouages, en déjouer les ruses.

Le débat pourra être l’occasion de replacer l’outillage conceptuel de Guattari sur d’autres scènes : psychiatrie/psychanalyse, théorie critique, engagement politique, rapport au marxisme, etc.

- Lundi 25 janvier, 17h, salle E 302. Isabelle Garo : L’Idéologie, ou la pensée embarquée (La Fabrique, 2009)

L’idéologie est partout, le mot est si galvaudé que le concept s’est comme évaporé : on dit qu’une grève est idéologique pour éviter de dire qu’elle a d’autres raisons qu’une stricte revendication. On dit qu’une réforme est idéologique pour éviter de dire qu’elle s’inscrit dans la grande reprise en main autoritaire et libérale actuelle.

Ce livre éclaire la notion d’idéologie, tout d’abord en précisant ce qu’elle n’est pas : ni une surface miroitante et trompeuse jetée par-dessus le réel qu’elle masquerait à des spectateurs consommateurs hypnotisés. Ni une superstructure mécaniquement déterminée par sa base économique et sociale, vision qui est celle d’un « marxisme » abâtardi.

Isabelle Garo prend le contre-pied de ces interprétations convenues. Elle suit l’évolution de Marx sur la question de l’idéologie — depuis l’Idéologie allemande jusqu’au Capital — et elle en propose la poursuite contemporaine. Cette confrontation passé/présent montre que l’idéologie ne peut pas se définir une fois pour toutes, qu’elle est inséparablement liée aux affrontements et aux conflits d’idées d’un moment, au domaine des luttes et à celui des analyses théoriques.

« Il s’agit d’arracher la notion d’idéologie à toute tentative de définition figée et de lui rendre sa capacité à débusquer les contradictions profondes qui reconduisent sans cesse les idées dominantes à l’ensemble d’un mode de production ».

Isabelle Garo enseigne la philosophie. Elle a notamment publié Marx, une
critique de la philosophie
(Seuil, 2000). Elle collabore à la grande édition
des œuvres de Marx et d’Engels en français (GEME) et à la revue
"Contretemps".

- Lundi 22 mars, 17h, salle B015.
Marie Pezé : Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés. Journal de la consultation « Souffrance et Travail » 1997-2008 (Pearson, 2008)

Avec la participation du Pr. Patricia Attigui, responsable pédagogique de l’équipe de psychopathologie (membre de l’EA 4430).

« Vous voulez en savoir plus sur la souffrance au travail ? Il faudrait que vous entriez dans mon bureau, que vous preniez place sur cette chaise à côté de la mienne. Que vous écoutiez. Vous pourriez ainsi entendre l’extraordinaire impact du travail sur le corps et sur le psychisme. Le travail peut sauver. Il peut tuer aussi. Travail sous contrainte de temps, harcèlement, emploi précaire, déqualification, chômage sont le lot quotidien des patients de la consultation Souffrance et Travail ». MARIE PEZÉ

Ces patients, adressés à Marie Pezé par le médecin du travail, ce sont Agathe, aide-soignante, qui se ronge pour la sécurité de ses malades au point de sombrer dans la paranoïa ; Serge, cadre-sup, qui a besoin de se doper au travail pour se sentir « vivant » ; Solange, assistante de direction depuis 15 ans, qui se voit propulsée sur un plateau téléphonique après un congé maladie ; François, juriste d’entreprise, qui fait une tentative de suicide sur son lieu de travail parce qu’il n’y « arrive pas ». Et tant d’autres… Ce sont eux les « héros » de ce journal qui dresse un constat terrible : les troubles liés au travail s’aggravent et se généralisent ; l’hyperproductivisme est devenu la norme de fonctionnement de toutes les entreprises, fragilisant l’ensemble des salariés

Marie Pezé est psychologue clinicienne, docteur en psychologie, psychanalyste et psychosomaticienne, à l’origine, en 1997 à Nanterre, de la première consultation « Souffrance et Travail » qu’elle dirige toujours ; nommée, en 2007, expert près de la Cour d’Appel de Versailles lors de la création d’une section de Psychopathologie du travail. Marie Pezé a également publié Le deuxième corps, la dispute, 2002

Le séance sera précédée de la diffusion d’extraits du documentaire du même titre à partir de 15h30.

- vendredi 16 avril, 17h, salle E302 : Sébastien Chauvin. "Tester, réformer et punir : fonctions et usages du temps dans les agences de travail journalier à Chicago"

La flexibilité asymétrique qui entoure le fonctionnement interne des agences de travail journalier américaines – étudiées ici à Chicago par observation participante au milieu des années 2000 – impose aux candidats à l’emploi une attente à durée indéterminée au sein de « salles de dispatch » prévues à cet effet. La rétention physique et institutionnelle de la main-d’œuvre y est notamment assurée par une distribution sélective de l’incertitude de la part de la direction. Elle est renforcée par les ambiguïtés des documents soumis à signature. Pour les travailleurs, l’attente obligatoire prend la forme d’une suite d’épreuves à la fois morales et « économiques », dans laquelle le temps apparaît indissociablement comme un moyen d’accumulation et comme un instrument de punition.

Sébastien Chauvin est sociologue, professeur assistant à l’université d’Amsterdam, et chercheur à l’Institute for Migration and Ethnic Studies. Il est l’auteur des Agences de la Précarité. Journaliers à Chicago (Le Seuil, Coll. « Liber », à paraître en avril 2010). Ses recherches actuelles portent principalement sur les liens entre illégalité, précarité de l’emploi et incorporation civiques des nouveaux migrants, en Europe et aux Etats-Unis. Il est membre du collectif de recherche ASPLAN sur la grève des travailleurs sans papiers en France.

- lundi 17 mai 17h, salle E 302 : Edition et sédition. Rencontre avec Eric Hazan, éditeur et écrivain

Auteur notamment de "LQR" et de "L’Invention de Paris", Eric Hazan, fondateur en 1998 des éditions La fabrique, pratique une insoumission joyeuse et sans compromis à tous les étages : en diariste vigilant de la Sarkozie, en militant de la cause palestinienne, en défenseur du Comité Invisible contre les lois anti-terroristes, en observateur de tous ces jeux d’entente qu’il voit en France comme relevant de la police aussi bien que de la publicité (au premier chef la critique et l’édition dominantes), et bien sûr comme éditeur d’une soixantaine de titres qui suscitèrent autant de polémiques — publiant librement des filles voilées, des classiques de la révolte, ou des philosophes en rupture. Adepte d’une politique des affects et d’une autonomie radicale, il ne voit d’autre choix que d’être en guerre — à moins de n’être que victime consentante.

Une vie et une logique qui promettent, pour sa venue à Nanterre, une discussion animée.

- 14 juin à 17h30. Razmig Keucheyan viendra présenter son livre : Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques, Zones, 2010.

On assiste depuis la seconde moitié des années 1990 au retour de la critique sociale et politique. La bataille des idées fait rage, développée dans des directions multiples et foisonnantes par des auteurs aussi divers que Toni Negri, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Edward Said, Jacques Rancière, Homi Bhabha, Judith Butler, Giorgio Agamben, Frederic Jameson, Gayatri Spivak, Axel Honneth, Étienne Balibar, Miguel Benasayag, Daniel Bensaïd ou Paolo Virno, la pensée radicale est de retour.

Quelles sont ces théories qui accompagnent l’émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient l’ancien mouvement ouvrier : le marxisme, l’anarchisme, le keynésianisme, le tiers-mondisme et le libéralisme de gauche, par exemple ? Quels sont leurs courants, leurs tendances, leurs innovations ? Hémisphère gauche rend compte avec pédagogie de la grande diversité de ces nouvelles théories critiques : marxisme et post-marxisme, théorie post-coloniale, cultural studies, théorie de la reconnaissance, théorie queer, post-structuralisme, théorie de l’anti-pouvoir, néo-spinozisme, etc. Il montre également l’unité qui sous-tend ces différents courants de pensée, qui résulte de ce qu’ils sont tous le produit des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970. Cet ouvrage fournit une introduction synthétique et pédagogique aux nouvelles théories critiques contemporaines, dans une perspective internationale. Il se veut un « mode d’emploi » facilitant l’accès à ces théories aussi une invitation à la découverte et à la lecture.

- 21 juin : à dét.

Séminaire 2006-2007

- jeudi 7 juin, 17h, salle E302. Cornelius Crowley proposera une lecture de Multitude, de Hardt et Negri, et en particulier des parties III.1 et III.2 ("The long march of democracy" et "global demands for democracy") aux pages 231-312 de l’édition Penguin (p.267-358 de l’édition10/18).

2005

- jeudi 2 juin 2005, 17-19h salle E304

Lecture croisée de 2 textes de David Harvey (analyse de l’impérialisme aujourd’hui et de l’hégémonie de la référence au néo-libéralisme).

NB : les lectures du groupe Culture/cultures sont choisies dans la perspective du colloque (17-18 novembre 2005) que Culture/cultures a décidé de consacrer aux notions d’empire et d’impérialisme aujourd’hui dans les contextes tant étatsunien que britannique.

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