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Agrégation 2009 : Programme officiel

Mise à jour: 29 mai 2008.

Le Programme de l’Agrégation externe d’anglais 2009 est également disponible sur le site de l’Education nationale.

Écrit : tronc commun

I - Littérature

  1. Everyman, œuvre anonyme. Everyman and Medieval Miracle Plays, éd. A.C. Cawley [1956], Londres, J.M. Dent, 1993.
  2. William Shakespeare, King Lear. Ed. Reginald Foakes, Londres, The Arden Shakespeare, 1997. (N. B. L’édition New Penguin Shakespeare sera utilisée à l’oral).
  3. Charlotte Brontë, Jane Eyre (1847). Londres, Norton Critical Edition (3rd edition), 2000. Film de Franco Zeffirelli (1995).
  4. John Steinbeck, The Grapes of Wrath (1939). The Viking Critical Library (The Grapes of Wrath : Text and Criticism, éd. Peter Lisca et Peter Hearle), New York, Penguin Books USA, 1997.
  5. Richard Ford, A Multitude of Sins (2002). New York, Vintage Contemporaries, 2003.

II - Civilisation

1. L’empire de l’exécutif : la présidence des
États-Unis de Franklin Roosevelt à George W.
Bush (1933-2006)

Des trois pouvoirs de l’État fédéral américain,
c’est certainement la présidence qui s’est le plus
profondément transformée depuis la période
fondatrice : aujourd’hui, même les plus forts
partisans de l’exécutif parmi les Fédéralistes
peineraient à reconnaître une institution qu’ils
avaient façonnée en contrepoint de la monarchie anglaise et de ses dérives autocratiques
menaçantes pour les libertés civiles. Pour
autant, cette évolution reste récente puisque
c’est uniquement avec l’élection de Franklin
Roosevelt en 1932 que l’on assiste à une redéfinition pérenne de l’exécutif américain, qui
commence avec le Vingtième Amendement
(1933). Dans un régime politique qui ne change
que par crise, les années du New Deal et de la
Deuxième guerre mondiale sont marquées par
une première concentration du pouvoir dans les
mains de la présidence selon les deux axes,
horizontal et vertical, de la division du pouvoir
aux États-Unis. L’urgence économique, puis
diplomatique et militaire, l’homogénéité partisane à la tête de l’État, la mise en retrait de la
Cour suprême après l’épisode du Court Packing
Plan de 1937, enfin la nécessité de l’union
nationale après le 7 décembre 1941 participent
tous à la “présidentialisation” du régime américain. Les présidents Truman et Eisenhower,
malgré des pratiques différentes de l’exécutif,
stabilisent l’institution, inaugurent ses nouveaux contours après la ratification du Vingt-
Deuxième Amendement (1951) et pérennisent
aussi, dans le cadre de la Guerre froide, l’idée
de la nécessité du consensus Congrès-Présidence en politique étrangère dans deux pério-
des de “cohabitation” (divided government),
1947-1948 et 1954-1960. John F. Kennedy
inaugure, lui, l’ère de la “personnalisation” de
la présidence. Construction d’un rapport direct
avec les électeurs, isolement par rapport au
Congrès : deux caractéristiques de ce que
l’historien Arthur Schlesinger appellera la
”présidence impériale” se mettent en place. La
présidence de Lyndon B. Johnson se révèle à la
fois transformatrice dans son installation d’un
nouveau rapport entre les trois pouvoirs - avec
une période d’extraordinaire productivité
législative et d’alignement idéologique avec la
Cour suprême sur une refondation/expansion
des droits individuels - en même temps
qu’accélératrice de l’isolement de la présidence
autour du débat sur le Vietnam qui creuse le
“déficit de crédibilité” (credibility gap).
Richard Nixon, à partir de 1969, accentue la
césure entre la Présidence et ses contre-
pouvoirs, utilisant avec habilité dynamique les
pouvoirs du président de commandant en chef
des forces armées, de chef de l’État ou encore
de “législateur en chef”. On entre alors dans une
logique d’affrontement direct avec le Congrès
autour des pouvoirs de guerre, du budget et de la
politique étrangère qui débouche sur la crise du
Watergate et l’humiliation de la présidence.
Gerald Ford et Jimmy Carter contribuent,
chacun à leur manière, à réparer l’institution ou
à l’humaniser, une entreprise paradoxale et
contradictoire qui n’est, avec le recul de
l’histoire, qu’un prélude à la restauration
qu’opère Ronald Reagan (1981-1989). Si le
“grand communicant” réconcilie l’Amérique
avec la Maison Blanche et dessine les contours
d’une présidence moderne forte, il relance aussi
le débat sur la compatibilité entre efficacité et
principes fondateurs, dans le débat sur les
nominations judiciaires (Robert Bork) mais
surtout sur l’affaire Iran-Contra. L’ancien
gouverneur de Californie démontre aussi que la
présidence est devenue une institution essentiellement perturbatrice dont le pouvoir réside
dans sa capacité à déplacer les rapports de force
à son profit. George H. W. Bush, a contrario,
Bill Clinton, avec des objectifs différents sur la
scène nationale comme internationale, en feront
la démonstration. Avec George W. Bush, on
parvient à une théorisation extrême de la présidence moderne : expansion des pouvoirs de la
vice-présidence, “exécutif unitaire” (unitary
executive), “déclarations de signature” (signing
statements), combat pied-à-pied avec les tribunaux et le Congrès sur le traitement des prison-présidence de Lyndon B. Johnson se révèle à la
fois transformatrice dans son installation d’un
nouveau rapport entre les trois pouvoirs - avec
une période d’extraordinaire productivité
législative et d’alignement idéologique avec la
Cour suprême sur une refondation/expansion
des droits individuels - en même temps
qu’accélératrice de l’isolement de la présidence
autour du débat sur le Vietnam qui creuse le
“déficit de crédibilité” (credibility gap).
Richard Nixon, à partir de 1969, accentue la
césure entre la Présidence et ses contre-
pouvoirs, utilisant avec habilité dynamique les
pouvoirs du président de commandant en chef
des forces armées, de chef de l’État ou encore
de “législateur en chef”. On entre alors dans une
logique d’affrontement direct avec le Congrès
autour des pouvoirs de guerre, du budget et de la
politique étrangère qui débouche sur la crise du
Watergate et l’humiliation de la présidence.
Gerald Ford et Jimmy Carter contribuent,
chacun à leur manière, à réparer l’institution ou
à l’humaniser, une entreprise paradoxale et
contradictoire qui n’est, avec le recul de
l’histoire, qu’un prélude à la restauration
qu’opère Ronald Reagan (1981-1989). Si le
“grand communicant” réconcilie l’Amérique
avec la Maison Blanche et dessine les contours
d’une présidence moderne forte, il relance aussi
le débat sur la compatibilité entre efficacité et
principes fondateurs, dans le débat sur les
nominations judiciaires (Robert Bork) mais
surtout sur l’affaire Iran-Contra. L’ancien
gouverneur de Californie démontre aussi que la
présidence est devenue une institution essen-
tiellement perturbatrice dont le pouvoir réside
dans sa capacité à déplacer les rapports de force
à son profit. George H. W. Bush, a contrario,
Bill Clinton, avec des objectifs différents sur la
scène nationale comme internationale, en feront
la démonstration. Avec George W. Bush, on
parvient à une théorisation extrême de la présidence moderne : expansion des pouvoirs de la
vice-présidence, “exécutif unitaire” (unitary
executive), “déclarations de signature” (signing
statements), combat pied-à-pied avec les tribunaux et le Congrès sur le traitement des prisonniers de Guantanamo, redéfinition/expansion
des pouvoirs présidentiels de mener la guerre
sont autant de signes d’une nouvelle “impéria-
lisation” de l’exécutif américain, qui fait suite à
la rupture institutionnelle qui suit les attentats
du 11 septembre 2001.

Dans l’étude de cette évolution rapide de l’ins-
titution dans la période moderne, on prêtera une
attention toute particulière aux points suivants :
- les différentes théories de l’exécutif telles que
mises en avant lors du moment constituant et
leur réinterprétation et utilisation dans la période
moderne ;
- la jurisprudence des tribunaux et en particulier
de la Cour suprême sur la définition des pouvoirs de l’exécutif ;
- les grands affrontements Présidence/Congrès ou
Présidence/Cour suprême, notamment la crise de
1937, le 80ème Congrès (1947-1948), le War
Powers Act (1973), puis les commissions
d’enquête du Watergate, le pardon de Richard
Nixon par Gerald Ford, la crise Iran-Contra, la
mise en accusation (impeachment) de Bill
Clinton et enfin l’autorisation donnée par le
Congrès en octobre 2002 au Président Bush
d’utiliser la force en Irak ;
- les contours de la cohabitation à l’américaine
(divided government) ;
- la légitimation du pouvoir présidentiel par le
suffrage (aspect de la question qui implique la
connaissance des grandes évolutions du corps
électoral américain, ainsi que des modes de
sélection des présidents).

2. Le débat sur l’abolition de l’esclavage en
Grande-Bretagne : 1787-1840

Les Britanniques se mobilisèrent contre le commerce des esclaves dès 1787, alors que leurs
colonies sucrières dans les Caraïbes -et les treize
colonies qu’ils venaient de perdre en Amérique
du Nord -, s’étaient développées grâce à l’arrivée
massive d’esclaves africains. C’était donc à l’un
des éléments du commerce florissant de leur
propre Empire qu’un groupe d’hommes et de
femmes, Quakers et Anglicans, issus de la classe
moyenne, s’attaquèrent dès 1787, en fondant The
Society for the Abolition of the Slave Trade à
Londres. Thomas Clarkson, Granville Sharp,
Josiah Wedgwood et William Wilberforce entre
autres, s’engagèrent dans une campagne contre
le commerce des esclaves sur le terrain parlementaire, en ayant au préalable mobilisé la
société britannique par le biais de pétitions et de
publications. En 1788 et 1792, le Parlement reçut
des milliers de signatures (500 pétitions) issues
de comités provinciaux contre l’esclavage. Le
“lobbying” de la Société contre l’esclavage
auprès du Parlement déboucha finalement sur la
loi de 1807 qui interdisait le commerce des
esclaves dans l’Empire britannique.

Le débat autour de l’esclavage prit une place
centrale dans les premières décennies du XIXe
siècle car cette cause correspondait aux aspira-
tions humanitaires et économiques de la nouvelle
classe moyenne qui gagnait progressivement en
puissance dans la sphère politique. La cause des
esclaves ralliait une majorité de la population,
sans distinction de classe ou d’église (plus de 800
pétitions contre l’esclavage adressées au Parlement en 1814, ou au Prince Régent en 1828).

En 1833, le Parlement britannique déclara
l’émancipation de 750.000 esclaves sur le
million que comptaient les îles des Caraïbes,
après avoir reçu 5000 pétitions, signées par un
million et demi de Britanniques, ainsi qu’une
pétition spéciale signée par des femmes.

En 1840, Londres accueillit la première
convention internationale contre l’esclavage,
qui réunissait des anti-abolitionnistes améri-
cains et britanniques.

Au cours de l’analyse de ce débat contre
l’esclavage entre 1787 et 1840, on prêtera une
attention toute particulière à des aspects à la fois
politiques et sociétaux :
- la campagne pour l’abolition de l’esclavage
(pré-1807) puis celle en faveur de l’émancipation (post-1807) témoignent d’une société
britannique transformée et modernisée en
moins de cinq décennies. On peut se demander
comment ces deux campagnes, menées entre
1787 et 1838, participèrent à la transformation
radicale de la société britannique, au sein de
laquelle on pouvait noter la montée en
puissance de la classe moyenne, les leaders de
ces campagnes ;
- la campagne pour l’abolition du commerce
des esclaves, puis celle consacrée à l’émanci-
pation de ces derniers, créèrent une dynamique
nationale qui réussit à rallier des éléments de la
société britannique souvent opposés par
ailleurs : les classes moyennes, les ouvriers, les
“reformers” et les radicaux, les Anglicans et les
“dissenters”, les hommes et les femmes…
Quels étaient les ferments politiques et religieux
qui rassemblaient ainsi cette “nouvelle” nation
britannique ?
- si les deux campagnes semblèrent mobiliser la
société britannique sans distinction, on peut se
pencher sur les demandes plus catégorielles,
celles de réformes politiques et sociales, qui
opposaient la classe moyenne aux classes
ouvrières, dans les années 1830-40. Comment
et pourquoi les tensions entre ces classes
sociales, sensibles sur la plupart des débats
politiques (Repeal of the Test Act, Great
Reform Act, New Poor Law, Factory and Mine
Acts, the Woman Question, the Anti-Corn Law
League, Chartism…), se sont-elles apparem-
ment apaisées autour de la campagne contre
l’esclavage ?
- quel était le poids du contexte international sur
la campagne britannique avant et après 1807,
puis après 1833 ? On pourra, entre autres,
réfléchir aux influences de la révolution
française, puis à celles de la période napoléo-
nienne, sur le débat britannique (Toussaint
Louverture, révoltes de St Domingue et la
Martinique, rétablissement du commerce des
esclaves par Napoléon…). Dans les années
1830-40, on pourra s’intéresser aux échanges
sur le sujet de l’esclavage avec les abolitionnis-
tes américains.

III - Linguistique

a) Phonologie

Bibliographie :
- Jones, D. English Pronouncing Dictionary,
16è édition. Cambridge, Cambridge University
Press, 2003.
- Wells, J. C. Longman Pronunciation Dictionary, 2è édition. Londres, Longman, 2000.

b) Grammaire : les questions ne s’appuient pas
sur un programme.

Oral

I - Épreuves à option

Le programme des options A et B est constitué
par le programme des épreuves d’admissibilité
auquel s’ajoute, pour chaque candidat, le programme ci-dessous correspondant à l’option A
ou B qu’il a choisie au moment de l’inscription :

A - Littérature

- W.B. Yeats. Selected Poems. Londres, J.M. 
Dent, Everyman’s Poetry, éd. John Kelly, 1997.
- Anita Desai, In Custody [1984]. Londres,
Vintage, 2001.

B - Civilisation

- Un penseur républicain à l’époque de la
première révolution anglaise : John Milton,
Areopagitica : A Speech for the Liberty of
Unlicensed Printing to the Parliament of
England
(1644), The Tenure of Kings and
Magistrates
(1649). Edition recommandée :
John Milton, The Major Works, éd. Stephen
Orgel et Jonathan Goldberg, Oxford/New
York, Oxford University Press, Oxford World’s
Classics paperback, 2003.

C - Linguistique

a) Commentaire de texte : épreuve hors programme. Dans son commentaire, le candidat
devra traiter un sujet choisi par le jury et il
pourra aussi, s’il le souhaite, consacrer une
partie de son exposé à tout phénomène linguistique représenté dans le texte.

b) Leçon : dans le cadre du programme ci-dessous, il est demandé au candidat de répondre à
une question d’ordre théorique ou de discuter
une ou plusieurs affirmations de linguistes tout
en illustrant son argumentation à l’aide d’exemples tirés d’un corpus d’anglais contemporain
qui lui sera fourni lors de la remise du sujet. Des
connaissances théoriques sont attendues.

1. Le passif.

2. Les subordonnées nominales en to.

II - Épreuves communes

Lors de la préparation de l’épreuve hors programme en anglais, les candidats auront à leur
disposition :
- Dictionnaires unilingues anglais et américain.
- The Encyclopaedia Britannica.

N.B. - Les éditions sont données à titre indicatif.

Mots-clés:

Agrégation